{"id":221,"date":"2025-06-07T16:33:01","date_gmt":"2025-06-07T16:33:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/?p=221"},"modified":"2025-08-22T08:45:52","modified_gmt":"2025-08-22T08:45:52","slug":"rene-de-roys","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/?p=221","title":{"rendered":"Ren\u00e9 de Roys &#8211; Chapitre I &#8211; Le Soldat"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"614\" src=\"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Marquis-de-Roys.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-223\" srcset=\"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Marquis-de-Roys.jpg 400w, https:\/\/www.amisdesaintange.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Marquis-de-Roys-195x300.jpg 195w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Moret, la salle marquis de Roys perp\u00e9tue aujourd&rsquo;hui le souvenir d&rsquo;une grande figure de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00b0si\u00e8cle, Ren\u00e9 de Roys. ll na\u00eet \u00e0 Dijon le 1\u00b0 mars 1898, et est pr\u00e9nomm\u00e9 Ren\u00e9 en souvenir de ses a\u00efeux maternels par lesquels lui est parvenu Saint Ange. La mort de son p\u00e8re en ao\u00fbt 1915, le fait marquis de Roys, vocable sous lequel on parle encore de lui aujourd&rsquo;hui. Sa vie, depuis sa prime enfance au ch\u00e2teau de Saint Ange, sera construite pour devenir une vie de soldat. Jamais il ne voudra d&rsquo;un autre destin. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce destin se mat\u00e9rialisera enfin par son engagement \u00e0 Vincennes le 26 d\u00e9cembre 1916 pour une dur\u00e9e de 4 ans. Il attendait ce jour avec impatience pour pouvoir servir son pays entr\u00e9 en guerre depuis ao\u00fbt 1914. Il a alors dix sept ans et demi. Sa m\u00e8re avait exig\u00e9 qu&rsquo;il soit auparavant re\u00e7u \u00e0 ce baccalaur\u00e9at, qui va cl\u00f4turer des \u00e9tudes secondaires de bonne qualit\u00e9. 1914 l&rsquo;avait trouv\u00e9 pensionnaire avec son jeune fr\u00e8re Richard au coll\u00e8ge de Saint Aspect \u00e0 Melun. Les r\u00e9sultats de juillet 1917 ayant \u00e9t\u00e9 positifs, sa m\u00e8re ne pourra plus affectueusement s&rsquo;opposer \u00e0 sa d\u00e9termination d&rsquo;aller faire son devoir. L&rsquo;adolescent qu&rsquo;il est encore, malgr\u00e9 la maturit\u00e9 que la mort de son p\u00e8re en 1915 a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, est d&rsquo;abord un terrien, rarement \u00e0 l&rsquo;aise en ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il aime son village, la nature et la chasse plus que tout, mais il est aussi impatient de servir. Ren\u00e9 choisira la cavalerie, se voyant compris dans la liste des recrues de la classe 1918, de la subdivision de Fontainebleau, sous le matricule 4.M.112-555. Enr\u00f4l\u00e9 le m\u00eame jour, il rejoint le 6\u00b0 R\u00e9giment de Dragons, o\u00f9 il affect\u00e9 comme cavalier de 2\u00b0 classe le 30 d\u00e9cembre. Son acte d&rsquo;engagement nous donne une succincte description : Cheveux bruns, yeux gris, front droit, nez busqu\u00e9, visage ovale, taille : 1 m\u00e8tre 75. Ses premi\u00e8res notes cadencent ses premiers 6 mois sous les drapeaux : Le 24 ao\u00fbt 1917, il suit les cours d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve aspirant \u00e0 Rambouillet, o\u00f9 il sera nomm\u00e9 : Le 28 novembre 1917 Brigadier :le 28 janvier 1918 Mar\u00e9chal des logis, le 1\u00b0 mars 1918 Aspirant avec affectation le m\u00eame jour au 17\u00b0 r\u00e9giment de Dragons, o\u00f9 il rejoint le front imm\u00e9diatement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est avec fiert\u00e9 que d\u00e8s le lendemain de son arriv\u00e9e, il peut pour la premi\u00e8re fois ce 2 mars 1918 charger \u00e0 la t\u00eate de ses hommes, montrant un beau courage et un sens quasi inn\u00e9 du terrain et de la progression. Cette action dynamique va devoir s&rsquo;arr\u00eater brutalement :Le 4 mars 1918, \u00e0 la t\u00eate de son peloton de dragons, il est gri\u00e8vement bless\u00e9 lors d&rsquo;une charge qu&rsquo;il dirige vigoureusement, par une pluie d&rsquo;\u00e9clats d&rsquo;obus explos\u00e9 \u00e0 peu de distance. Apr\u00e8s \u00eatre rest\u00e9 longtemps inanim\u00e9 sur le terrain dans l&rsquo;attente des secours, il est transport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital r\u00e9gimentaire, o\u00f9 il s&rsquo;efforcera de rester le moins possible pour pouvoir reprendre son service. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a donc \u00e0 peine 20 ans lorsque le 17 mai 1918, il est distingu\u00e9 par sa premi\u00e8re citation qui lui vaut la croix de guerre : \u00a0\u00bb Jeune aspirant frapp\u00e9 par \u00e9clat d&rsquo;obus sur plusieurs parties de son corps, a donn\u00e9 un magnifique exemple d&rsquo;\u00e9nergie en s&rsquo;inqui\u00e9tant exclusivement de ce que faisaient et devenaient ses sous-ordres \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette belle conduite le fera nommer: Sous &#8211; Lieutenant \u00e0 titre temporaire par d\u00e9cision minist\u00e9rielle du 10 avril 1919, publi\u00e9e au Journal officiel le 15 avril, avec prise de rang \u00e0 compter du 1\u00b0 mars 1919.  Le 5 ao\u00fbt 1919, alors qu&rsquo;il a repris le service au 16\u00b0 r\u00e9giment de Dragons, il est nomm\u00e9 Sous lieutenant \u00e0 titre d\u00e9finitif (D.M. du 22.10.1919 &amp; J.O. du 25.10.1919). Soucieux de servir dans une vie dense, nombre de ses proches amis ou famille y \u00e9tant ou l&rsquo;y ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, il demande et obtient par la D.M. 696 du 22 janvier 1921 son affectation \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e du Levant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il rejoint le 21\u00b0 R\u00e9giment de Spahis marocains, o\u00f9 sert d\u00e9j\u00e0 son cousin le lieutenant de Longueau Saint Michel. Il se fait tr\u00e8s vite remarquer par ses sup\u00e9rieurs pour son allant et ses initiatives et ses actions sur le terrain. Aussi, par d\u00e9cret minist\u00e9riel en date du 7 avril 1921, il est plac\u00e9 \u00a0\u00bb Hors Cadre \u00a0\u00bb et mis \u00e0 disposition du G\u00e9n\u00e9ral commandant en chef l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise au Levant, pour l&rsquo;encadrement du 21\u00b0 r\u00e9giment de Spahis Marocains,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A peine arriv\u00e9 en Syrie, il se range \u00e0 cette d\u00e9cision qu&rsquo;il regrettera toute sa vie, de ne pas s&rsquo;opposer \u00e0 la venue de son jeune fr\u00e8re Richard, qui devait faire son service militaire. Il lui est particuli\u00e8rement attach\u00e9, ayant partag\u00e9 avec lui l&rsquo;apprentissage des \u00e9tudes avec Mademoiselle Nourse, leur premi\u00e8re institutrice \u00e0 Saint Ange, puis les ann\u00e9es de pensionnats et coll\u00e8ges.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Richard arrive donc en Syrie en 1921, pour le rejoindre sur ce th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;op\u00e9rations, en prenant son affectation au second escadron du 21\u00b0 Spahis, command\u00e9 par son cousin de Longueau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">H\u00e9las tr\u00e8s peu de temps plus tard, dans un violent accrochage au Djebel Druze, Richard sera gri\u00e8vement bless\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il meurt dans de grandes souffrances \u00e0 Alep le 16 mai 1921.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son corps rapatri\u00e9 en France, repose aujourd&rsquo;hui aupr\u00e8s de ceux de ses parents au caveau de Saint Ange, son nom allongeant la liste d\u00e9j\u00e0 bien longue de ceux grav\u00e9s au Monument au Morts pour la France de la commune de Villecerf et sur la plaque comm\u00e9morative de l&rsquo;\u00e9glise paroissiale Saint Fiacre et Saint Martin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Richard venait d&rsquo;avoir 20 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ren\u00e9 devenait alors seul et dernier \u00e0 porter un nom vieux de pr\u00e8s de mille ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce drame va le jeter dans l&rsquo;action, une action altruiste et g\u00e9n\u00e9reuse de protection des chr\u00e9tiens de l&rsquo;\u00e9glise d&rsquo;orient et des minorit\u00e9s comme celle des juifs de langue aram\u00e9enne aux confins syro &#8211; irakiens, juifs qui sont d\u00e9j\u00e0 soumis \u00e0 l&rsquo;intol\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il chevauche de village en village avec son escadron accompagn\u00e9 de \u00a0\u00bb Pout \u00a0\u00bb son magnifique chien berger allemand, fid\u00e8le ami qui reviendra plus tard en France avec son ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes ces actions sont bient\u00f4t r\u00e9compens\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ordre N\u00b0 115 du 25 d\u00e9cembre 1922, du g\u00e9n\u00e9ral commandant la 2\u00b0 division du Levant communiquera : \u00a0\u00bb Brillant officier de cavalerie qui n&rsquo;a cess\u00e9 de faire preuve des plus belles qualit\u00e9s militaires au Levant depuis janvier 1921, s&rsquo;est particuli\u00e8rement distingu\u00e9 \u00e0 Djenkeine (7 f\u00e9vrier 1921) \u00e0 Kaffrha (13 juillet 1921),et sur l&rsquo;Euphrate \u00e0 Chemseddine (12 novembre 1921).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vient encore de se signaler d&rsquo;une fa\u00e7on sp\u00e9ciale au cour des op\u00e9rations \u00e0 l&rsquo;ouest d&rsquo;Alep (Syrie) notamment \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un escadron le 19 septembre 1922 \u00e0 l&rsquo;engagement de Chegay\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce premier s\u00e9jour en Syrie se terminera le 25 ao\u00fbt 1923, o\u00f9 il est rapatri\u00e9 par Beyrouth. Il est alors affect\u00e9 et incorpor\u00e9 au 4\u00b0 r\u00e9giment de Hussards o\u00f9 il arrive le 19 octobre 1923 ( J.O. du 25.10 1923 ).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son chef de corps lui donne l&rsquo;exceptionnelle autorisation de revenir et de conserver le drapeau de son escadron, qui est aujourd&rsquo;hui encore \u00e0 Saint Ange. Cette magnifique unit\u00e9 sera celle qui va d\u00e9terminer d\u00e9finitivement sa vie de soldat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il va nouer ces fortes amiti\u00e9s qui seront la colonne vert\u00e9brale de sa vie de r\u00e9sistant apr\u00e8s le d\u00e9sastre de mai 1940 : Les capitaines et lieutenants Brignac, Castelnau, Miron, Marion, de la Porte,etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est cette unit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle au sein de la III\u00b0 division du g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet, il fera toute la campagne de France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s&rsquo;y montre un officier de qualit\u00e9,si bien que le Journal officiel du 20 mai 1927 nous apprend que le lieutenant Ren\u00e9 de Roys du 4\u00b0 r\u00e9giment de Hussards est d\u00e9sign\u00e9 pour suivre les cours de lieutenant d&rsquo;Instruction \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;application de la Cavalerie \u00e0 Saumur \u00e0 compter du 3 octobre 1927.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses blessure de 1918 n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 correctement r\u00e9par\u00e9es, et toute sa vie il souffrira en permanence de sa jambe et de sa cuisse, ce qui l&#8217;emp\u00eachera de monter \u00e0 cheval avec tous les moyens n\u00e9cessaire \u00e0 cet art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une grave chute de cheval en ao\u00fbt 1926 \u00e0 cause de ce handicap,combin\u00e9 avec un go\u00fbt familial h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re pour la m\u00e9canique,la m\u00e9canique de pointe et les sports de vitesse,le fera alors postuler pour rejoindre les autos -mitrailleuses qui \u00e9taient alors en cours d&rsquo;organisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la confirmation enfin d\u00e9finitive de son maintien en activit\u00e9, malgr\u00e9 son invalidit\u00e9 partielle qui faisait suite \u00e0 ses blessures de 1918, il est affect\u00e9 comme lieutenant au 12\u00b0 escadron d&rsquo; A. M. C. \u00a0\u00bb Auto &#8211; mitrailleuse de combat \u00a0\u00bb (J. O. du 26.06.1929).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 1\u00b0 ao\u00fbt 1928 le voit Instructeur auxiliaire dans la prestigieuse l&rsquo;Ecole de Cavalerie de Saumur. Apr\u00e8s un bref retour dans son r\u00e9giment c&rsquo;est cette fois comme \u00e9l\u00e8ve qu&rsquo;il retournera \u00e0 Saumur, pour suivre le cour de 1931 sur la formation automobile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa m\u00e8re qui tenait seule depuis la mort de son mari et de son jeune fils et avec talent le domaine familial de Saint Ange, connut enfin un dernier et grand bonheur:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est durant cette ann\u00e9e 1931, qu&rsquo;il prend la d\u00e9cision de fonder une famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il se fiance en 1932 avec Th\u00e9r\u00e8se Geoffroy.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La jeune fille et sa famille lui sont connues et proches depuis longtemps ;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;un de ses tout meilleurs amis, cavalier comme lui, le lieutenant L\u00e9on Charles, le futur maire de Villecerf des ann\u00e9es 1953-1962 n&rsquo;a-t-il a pas \u00e9pous\u00e9 Suzanne Geoffroy la s\u0153ur a\u00een\u00e9e de Th\u00e9r\u00e8se .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est ce jeune officier de Cuirassiers qui l&rsquo;avait introduit au sein de cette vieille famille mor\u00e9taine alors \u00e9tablie \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ann\u00e9e 1932 ayant \u00e9t\u00e9 pour les deux fianc\u00e9s une ann\u00e9e douloureuse, par la mort du G\u00e9n\u00e9ral Geoffroy puis celle de la marquise de Roys m\u00e8re de Ren\u00e9 de Roys, le mariage sera repouss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e 1933, o\u00f9 apr\u00e8s avoir obtenu l&rsquo;autorisation du G\u00e9n\u00e9ral commandant la r\u00e9gion de Paris, il est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 21 f\u00e9vrier \u00e0 la mairie du VII\u00b0 arrondissement et le samedi suivant \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise saint Thomas d&rsquo;Aquin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;arm\u00e9e sera pour une fois g\u00e9n\u00e9reuse avec lui pour ses permissions, qui lui avaient \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;alors bien chichement attribu\u00e9es: Il obtient 20 jours pour son mariage et surtout il pourra emmener sa jeune \u00e9pouse passer No\u00ebl dans sa propri\u00e9t\u00e9 de Trukcess en Haute Alsace, lieu et familles qui joueront un r\u00f4le si important pendant la guerre et l&rsquo;apr\u00e8s guerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet l&rsquo;Alsace est devenue le centre de sa vie : Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 promu au grade de capitaine par d\u00e9cision du 24 juin 1934, il est affect\u00e9 au 2\u00b0 groupe d&rsquo;Auto -mitrailleuses \u00e0 Strasbourg, o\u00f9 il prend le commandement de l&rsquo;escadron de d\u00e9couverte, puis est nomm\u00e9 aux fonctions d&rsquo;officier adjoint au chef de corps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est dans cette ville que na\u00eetra son second fils Richard en 1936, apr\u00e8s Roland le premier-n\u00e9 en 1934.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ensemble des ses \u00e9tats de service et de la qualit\u00e9 de son action lui ont fait valoir la croix de chevalier de la l\u00e9gion d&rsquo;honneur qui lui est conf\u00e9r\u00e9e par d\u00e9cret du 20 d\u00e9cembre 1935. La d\u00e9cision minist\u00e9rielle du 7 octobre 1938 l&rsquo;envoie \u00e0 Paris, o\u00f9 il affect\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major particulier, au service de la pr\u00e9paration militaire sup\u00e9rieure ;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses qualit\u00e9s d&rsquo;entra\u00eeneur et de formateur d&rsquo;hommes sont particuli\u00e8rement reconnues et r\u00e9compens\u00e9es. Il sera l&rsquo;invit\u00e9 du pr\u00e9sident du conseil et c&rsquo;est de sa tribune qu&rsquo;il assistera au d\u00e9fil\u00e9 du 14 juillet 1939.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il restera dans ce poste jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre qui lui permettra de vivre entre Saint Ange et Paris, Paris o\u00f9 na\u00eetra son 3\u00b0 enfant, sa fille B\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A la veille de la guerre le capitaine de Roys peut porter les d\u00e9corations suivantes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Croix de guerre 1918,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Guerre de 1914-1918,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; M\u00e9daille comm\u00e9morative de la guerre 1914-1918,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; M\u00e9daille Interalli\u00e9e 1919,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Croix du Combattant volontaire 1919,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Croix de guerre des T. O. E. 1922 Syrie,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; M\u00e9daille comm\u00e9morative de Syrie &#8211; Cilicie, 1923<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Chevalier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur 1935<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s les mois et les mois des noirs bruits des bottes nazies, la guerre est l\u00e0, avec le 3 septembre 1939 sa d\u00e9claration par la France. L&rsquo;Etat &#8211; major lui avait fait anticiper sur la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale du 1\u00b0 septembre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 27 ao\u00fbt, le capitaine de Roys s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 au Chef d&rsquo;escadron Paquin, commandant du 3\u00b0 R.A.M, le 3\u00b0 R\u00e9giment d&rsquo;Autos -mitrailleuses alors casern\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ecole militaire de Paris, o\u00f9 il est affect\u00e9 par suite de la r\u00e9organisation du 3\u00b0 groupe d&rsquo;Autos -mitrailleuses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 Escadron Motocycliste lui est confi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A la mobilisation, le RAM est form\u00e9 \u00e0 deux groupes, l&rsquo;un de d\u00e9couverte, l&rsquo;autre de combat aux chefs d&rsquo;Escadron L&rsquo;Hotte et de la Motte &#8211; Rouge et 5 escadrons: Le premier de d\u00e9couverte \u00e9quip\u00e9 d&rsquo;Autos mitrailleuses rapides A.M.D Hotchkiss 35,au capitaine Weygand, le second Motocycliste au capitaine de Brignac, le troisi\u00e8me \u00e9galement motocycliste au capitaine de Roys \u00e9quip\u00e9s de side-cars Indian, arm\u00e9s en mitrailleuses et de motos Ren\u00e9 &#8211; Gillet , le 4\u00b0 escadron de Reconnaissance au capitaine Gentien, enfin le 5\u00b0escadron de chars de combat au capitaine de Fenoyl.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un escadron dit EHR, escadron hors rang command\u00e9 par le capitaine Daniel compl\u00e9tera l&rsquo;effectif r\u00e9gimentaire et poss\u00e9dera les deux blind\u00e9s l\u00e9gers de commandement qui compl\u00e8tent la dotation en mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Commandant Paquin promu et nomm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat major du g\u00e9n\u00e9ral Hutzinger qui commande la II\u00b0 arm\u00e9e, c&rsquo;est le Colonel Fran\u00e7ois de Temps qui va alors prendre le commandement de l&rsquo;unit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il obtiendra qu&rsquo;elle soit compl\u00e9t\u00e9e sous son autorit\u00e9 par un 6\u00b0 escadron, dit escadron divisionnaire de canons antichars de 25 mm , l&rsquo;ESCA , command\u00e9 par le lieutenant d&rsquo;Ornano. Il la cadence en un \u00e9chelon A qui prend la route imm\u00e9diatement avec le capitaine Jacques Weygand, le fils du futur g\u00e9n\u00e9ralissime, alors que les \u00e9chelons B et C charg\u00e9s d&rsquo;int\u00e9grer les mat\u00e9riels r\u00e9quisitionn\u00e9s suivront quelque jours plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a pu un instant apercevoir au travers des grilles de l&rsquo;avenue de la Motte Piquet, sa femme ses enfants et la famille Geoffroy venus lui dire \u00a0\u00bb Au revoir \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir re\u00e7u et v\u00e9rifi\u00e9 toutes les dotations en armes vivres essence et munitions, c&rsquo;est le d\u00e9part pour la zone des arm\u00e9es, la r\u00e9gion Nord-est de la Woewre, o\u00f9 il arrive le 8 septembre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son unit\u00e9 est un amalgame de vieux r\u00e9servistes, de jeunes appel\u00e9s qui n&rsquo;ont jamais encore servi. un nombre significatif est constitu\u00e9, dira t&rsquo;il plus tard, d&rsquo;antimilitaristes convaincus, soit par traumatisme de la 1\u00b0 guerre, soit par pacifisme sinc\u00e8re soit aussi comme partisans de la faction politique qui refusait la guerre contre l&rsquo;Allemagne depuis le pacte germano -sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mat\u00e9riel fait de bric et de broc fait d&rsquo;\u00e9quipements venant d&rsquo;autres unit\u00e9s mais a peu pr\u00e8s en ordre, mat\u00e9riel civil r\u00e9quisitionn\u00e9 mais disparate, mat\u00e9riel neuf arrivant incomplet, parfois m\u00eame sabot\u00e9 : Toutes les tares de ce temps se verront \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans son unit\u00e9. Mais ces jours sont aussi la fin de l&rsquo;incertitude.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A partir de la route depuis Paris, le long convoi kaki clair, color\u00e9 par des voitures civiles multicolores et bariol\u00e9s des engins r\u00e9quisitionn\u00e9s, traverse cette France d\u00e9j\u00e0 choqu\u00e9e par la guerre. Au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;il progresse vers l&rsquo;est, le 3\u00b0 escadron va rencontrer des villages abandonn\u00e9s souvent sur ordre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soldat un instant doit redevenir paysan et va soigner les animaux, leur donner \u00e0 boire, traire les vaches.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le 9 septembre 1939 o\u00f9 il arrive dans le secteur de Vickering, le 3\u00b0 RAM est engag\u00e9 dans la Sarre, franchit la fronti\u00e8re sarroise et le 3\u00b0 escadron de d\u00e9couverte re\u00e7oit naturellement cette premi\u00e8re mission d&rsquo;aller reconna\u00eetre le village de Biringen le premier village au de la de la ligne Maginot pour \u00e9tudier la position allemande qui s&rsquo;y tient en l\u00e9ger retrait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sera au petit matin du 15 septembre 1939 le premier engagement de la guerre. Apr\u00e8s un \u00e9change de coups de feu, de lancer de grenades et de rafales de mitrailleuse et de FM, cette premi\u00e8re patrouille command\u00e9e par le capitaine de Roys, pour s&rsquo;en tenir aux ordres, va devoir d\u00e9crocher avec deux motocyclistes bless\u00e9s dont l&rsquo;un mourra le soir de ses blessures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En peu de semaines, en quelques mois de cette \u00a0\u00bb dr\u00f4le de guerre \u00ab\u00a0, o\u00f9 le 3\u00b0 RAM va monter la garde \u00e0 la fronti\u00e8re du Luxembourg le capitaine de Roys va forger cette unit\u00e9 disparate en unit\u00e9 d&rsquo;\u00e9lite qui va pouvoir se distinguer dans la campagne de France, et les combats, o\u00f9 elle inscrira les pages les plus glorieuses de cette tragique \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle \u00e9tait sortie du temps des mauvais bergers. Le 3\u00b0 RAM \u00e9tait int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la 3\u00b0 division l\u00e9g\u00e8re de cavalerie DLC du g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet, forte de deux brigades :La 5\u00b0 brigade de cavalerie du g\u00e9n\u00e9ral Maillard, form\u00e9e \u00e0 deux r\u00e9giments : le 6\u00b0 Dragons du Colonel Jacottet et le 4\u00b0 Hussards, l&rsquo;ancien Saxe-Conflans du colonel Chappini, et la 13\u00b0 brigade motoris\u00e9e du Colonel Lafeuillade form\u00e9e \u00e0 3 r\u00e9giments : Aux c\u00f4t\u00e9s du 3\u00b0RAM, command\u00e9 par le colonel du Temps, le 2\u00b0 r\u00e9giment de Dragons Port\u00e9s du Lieutenant-colonel Watteau, l&rsquo;ancien Cond\u00e9 &#8211; Cavalerie et le 72\u00b0 r\u00e9giment d&rsquo;artillerie motoris\u00e9e du lieutenant Colonel Thomas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nombreux sont les t\u00e9moignages et les ouvrages qui relatent les exploits de cette magnifique unit\u00e9 qui va s&rsquo;illustrer sans faille dans la totalit\u00e9 des combats, de la Sarre et le Luxembourg, dans chacune des grandes batailles de la campagne de France, Longwy, l&rsquo;Aisne et l&rsquo;Ailette, la Somme, enfin celles de la Seine de l&rsquo;Eure, avant que les 4\u00b0 hussards et 3\u00b0 RAM ne soient envoy\u00e9s au sacrifice dans les derniers combats de l&rsquo;Orne et de la Mayenne, pour permettre aux derni\u00e8res unit\u00e9s de la X\u00b0 arm\u00e9e Altmeyer de ne pas tomber dans l&rsquo;encerclement allemand.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leurs rares survivants faits prisonniers se verront rendre les honneurs par le vainqueur allemand : Exceptionnelle attitude qui verra cette 3\u00b0 D.L.C, fait unique dans cette guerre et de plus chacun de tous ses r\u00e9giments individuellement \u00eatre par deux fois cit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ordre de l&rsquo;arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le capitaine de Roys et son 3\u00b0 escadron vont donc \u00eatre un des acteurs de cette glorieuse chevauch\u00e9e de 49 jours, l&rsquo;une des rares \u00e9pop\u00e9es de ce temps : Le 3\u00b0 RAM, s&rsquo;\u00e9lan\u00e7ant d&rsquo; Audun-le- Tische, prend avec la 3\u00b0 DLC, la t\u00eate de l&rsquo;avanc\u00e9e du 10 mai 1940, o\u00f9 apr\u00e8s avoir franchi la ligne Maginot, la III\u00b0 arm\u00e9e fran\u00e7aise engage de forts combats pour tenter d&rsquo;atteindre la ville de Luxembourg,dans le m\u00eame temps que les panzers de Gud\u00e9rian traversent les Ardennes luxembourgeoise vers Sedan. Le 3\u00b0 Ram et son jumeau le 4\u00b0 Hussards apr\u00e8s avoir pris et mis en d\u00e9fense les pentes du Galgenberg se bat \u00e0 Esch -sur-Alzette.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 Ram d\u00e9passe aussit\u00f4t les premi\u00e8res maisons de Esch, en essayant de s&rsquo;y \u00e9tablir et prot\u00e9geant les fantassins du 47\u00b0 RI charg\u00e9s de nettoyer la ville. Mais les allemands se ressaisissent: Leur 5\u00b0 colonne faites de civils locaux comme de soldats habill\u00e9s en civil, parlant parfaitement fran\u00e7ais, s&rsquo;efforcent d&rsquo;amener les premi\u00e8res automitrailleuses sur des mines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une premi\u00e8re A.M., sautera en arrivant \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e sud de Esch, faisant les premiers morts de la campagne et des bless\u00e9s soign\u00e9s imm\u00e9diatement par le lieutenant m\u00e9decin Andr\u00e9 Soubiran. Les allemands bien renforc\u00e9s, peuvent mettent en place des gros canons de 105 venus par la gare de Esch.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leurs canons antichars bien camoufl\u00e9s et bien renseign\u00e9s d\u00e9chenillent encore deux autres blind\u00e9s fran\u00e7ais, avant que d&rsquo;\u00eatre mis au silence par les canons port\u00e9es de la brigade. Les stukas et junkers \u00e0 croix gamm\u00e9e, seuls dans un ciel d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment vide de tout avion alli\u00e9, fran\u00e7ais ou anglais, mitraillent \u00e0 base altitude, obligeant les troupes fran\u00e7aises \u00e0 se tenir dans les bois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 RAM avance et tient, soutenu par l&rsquo;escadron de Roy\u00e8re et les chars Renaut 35 du 4\u00b0 Hussards. Mais alors que la nuit vient de tomber, il re\u00e7oit l&rsquo;ordre de d\u00e9crocher et de se replier pour le lendemain sur Audun sur le Tiche : l&rsquo;offensive au Luxembourg doit \u00eatre suspendue : L&rsquo;escadron de Roys toujours en t\u00eate de la brigade Maillard, se porte sur Longwy o\u00f9 un gros contingent fran\u00e7ais est encercl\u00e9. Cette manoeuvre permet au r\u00e9giment d&rsquo;infanterie coloniale et au 63\u00b0 GRDI de se retirer en ordre de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la ligne Maginot, face aux menaces des blind\u00e9s, et des troupes a\u00e9roport\u00e9es allemandes, qui allaient le d\u00e9truire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;action est encore une fois bien construite et dirig\u00e9e. Malgr\u00e9 cette immense vaillance, le r\u00eave d&rsquo;offensive est termin\u00e9: Repli\u00e9s \u00e0 Marville, derri\u00e8re la ligne Maginot, pour le 3\u00b0 Ram et la division, la priorit\u00e9 c&rsquo;est d&rsquo;abord et enfin dormir, dormir\u2026 et reconstituer le mat\u00e9riel apr\u00e8s ces trois jours de combats ininterrompus, lourds de pertes en hommes et en mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sera dans ce cantonnement, fatalit\u00e9 suppl\u00e9mentaire, que le nouveau chef de corps du 3\u00b0RAM \u00e0 peine install\u00e9, le Colonel Le Couteulx, qui venait de remplacer le Colonel du Temps, est victime d&rsquo;une attaque de stukas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il mourra de ses blessures dans la journ\u00e9e du 15 mai. Le commandant de la Motte Rouge lui succ\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La 3\u00b0D.L.C. engag\u00e9e au Luxembourg, qui vient de r\u00e9tablir la situation devant Longwy, re\u00e7oit l&rsquo;ordre de se mettre \u00e0 la disposition du g\u00e9n\u00e9ral Touchon et sa 9\u00b0 arm\u00e9e, envoy\u00e9s depuis Belfort en renfort \u00e0 la II\u00b0 arm\u00e9e Hutzinger, sur l&rsquo;Aisne o\u00f9 les 19\u00b0et 41\u00b0 corps d&rsquo;arm\u00e9es allemands de Guderian et de Reinhardt en ordre serr\u00e9, ayant r\u00e9ussi la travers\u00e9e des Ardennes sont arriv\u00e9es face \u00e0 la ligne M\u00e9zi\u00e8res -Sedan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;attaque de Sedan commence le 13 mai \u00e0 16 heures.Guderian peut franchir la Meuse. Il faut envoyer d&rsquo;urgence tous les secours possibles Ayant bien sur \u00e0 sa t\u00eate le 3\u00b0 RAM, venant \u00e0 marche forc\u00e9e de Longwy, par Etain, Verdun et Sainte M\u00e9nehould ,l&rsquo;Aisne franchie \u00e0 Neufch\u00e2tel, La 3\u00b0 division s&rsquo;\u00e9tablira au matin du 16 mai \u00e0 Pontfaverger \u00e0 20 kms \u00e0 l&rsquo;est de Reims, pour tenir le secteur jusqu&rsquo;\u00e0 Sissones. En 30 heures, plus de 250 kilom\u00e8tres ont \u00e9t\u00e9 franchis principalement en plein jour malgr\u00e9 de nombreuses attaques de stukas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De l\u00e0 les 3 escadrons motoris\u00e9s les plus rapides du 3\u00b0 Ram, celui des Autos-mitrailleuses du capitaine Weygand et les deux motocyclistes des capitaines de Brignac et de Roys sont charg\u00e9s d&rsquo;aller se placer en sentinelle \u00e0 Montcornet. A peine arriv\u00e9s, ils y sont accueillis par un feu violent de panzers allemands.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le capitaine Weygand pourra s&rsquo;abriter et rester au contact. Le commandant de la Motte Rouge charge le capitaine de Roys de mettre le village de Dizi-le-Gros en d\u00e9fense, et d&rsquo;y pr\u00e9parer \u00e9galement un repli.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce-dernier place imm\u00e9diatement ses deux pelotons mitrailleurs : Mandat -Grancey et Leroy-Beaulieu au nord du village, d&rsquo;o\u00f9 doit venir l&rsquo;ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il place au sud le peloton Lecoq, et garde avec lui en peloton de commandement le peloton du lieutenant Desmeulles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le second escadron dont il a re\u00e7u le commandement pour assurer la solidit\u00e9 de la d\u00e9fense, est r\u00e9partie en \u00e9chelons depuis le centre du village vers la route de Sissone o\u00f9 se tient le QG de la 13\u00b0 BLM D\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;apr\u00e8s-midi de ce 16 juin, une force de chars lourds allemands Mark III, premier \u00e9chelon de la X\u00b0 P.D. du XIX\u00b0 corps panzer Guderian, dont l&rsquo;importance n&rsquo;avait pu \u00eatre identifi\u00e9e arrive par le sud, y cr\u00e9ant une totale surprise : Jusqu&rsquo;\u00e0 son entr\u00e9e dans Dizy, elle n&rsquo;avait encore \u00e9t\u00e9 ni aper\u00e7ue ni mesur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle p\u00e9n\u00e8tre vigoureusement dans Dizy avec l&rsquo;intention de s&rsquo;y \u00e9tablir, et syst\u00e9matiquement commence \u00e0 nettoyer le village des troupes fran\u00e7aises, maison par maison, au canon chaque fois que n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les 2 escadrons motocyclistes fran\u00e7ais n&rsquo;ont que plus que des mitrailleuses et des mortiers l\u00e9gers \u00e0 leur opposer,car les deux autos&#8211;mitrailleuses de soutien ont \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement d\u00e9truites par les chars lourds.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De la Motte Rouge, le jeune nouveau commandant le 3\u00b0 RAM doit lui-m\u00eame, aid\u00e9 du lieutenant Pissary, poser le peu de mines antichars qu&rsquo;ils poss\u00e8dent, et cela au contact physique m\u00eame des chars allemands qui avancent en colonne serr\u00e9e, tentant au prix d&rsquo;un courage inou\u00ef de placer ces charges sous les chenilles des panzers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s plusieurs succ\u00e8s, l&rsquo;un des chars allemands arr\u00eat\u00e9 en retrait voit enfin la sc\u00e8ne et mitraille le malheureux lieutenant Pissavy, qui meurt sur le coup, tandis que le commandant de la Motte Rouge, bless\u00e9 est fait prisonnier. La sup\u00e9riorit\u00e9 des allemands est totale en nombre comme en force.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La colonne principale de chars qui pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;infanterie motoris\u00e9e \u00e0 totalement travers\u00e9 le village et tient la totalt\u00e9 de la rue principale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les fran\u00e7ais, quasiment encercl\u00e9s, sont m\u00e8tre par m\u00e8tre extirp\u00e9s du village : Depuis Dizy, ils ne peuvent que se replier vers Sissone, o\u00f9 heureusement le capitaine de Roys avait avec le 2\u00b0 escadron pr\u00e9par\u00e9 un point d&rsquo;appui, mais il faut encore y parvenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les lieutenants Leroy &#8211; Beaulieu et Mandat &#8211; Grancey, sur lesquels pesaient le principal de l&rsquo;assaut allemand devront h\u00e9ro\u00efquement donner leur vie pour briser cet encerclement et permettre le repli de leurs hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sidecar que le capitaine de Roys a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 son blind\u00e9 de commandement pour \u00eatre plus pr\u00e8s de sa troupe, a \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9, pr\u00e8s de celui totalement d\u00e9truit de son chef de peloton de commandement, le lieutenant Desmeules.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leurs chauffeurs sont tu\u00e9s ou bless\u00e9s Entour\u00e9s d&rsquo;allemands, ils ne peuvent que se r\u00e9fugier dans la mansarde d&rsquo;une maison, avec un cavalier venu les rejoindre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un fusil mitrailleur ayant \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u, le capitaine de Roys l&rsquo;envoie chercher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cavalier sort et revient au galop ; mais le F.M ne poss\u00e8de que son seul chargeur engag\u00e9. Le capitaine de Roys n&rsquo;oubliant pas qu&rsquo;il est champion de tir de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise, \u00e9paule le fusil mitrailleur, et par la lucarne fait pos\u00e9ment feu, comme \u00e0 l&rsquo;exercice en tirant au coup par coup, autant pour la finesse du tir que pour \u00e9conomiser les balles sur le groupe d&rsquo;officiers allemands, descendus de leurs v\u00e9hicules, pour \u00e9tudier la man\u0153uvre \u00e0 conduire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque tir atteint sa cible. Plusieurs officiers tomberont avant qu&rsquo;un char ne tourne sa tourelle et envoie une salve d&rsquo;obus dans le grenier qui les abrite. Faute de munitions, le capitaine de Roys a d\u00fb arr\u00eater le feu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les allemands, pensant qu&rsquo;ils ne peuvent \u00eatre qu\u2019hors de combat, ne vont pas s&rsquo;en assurer. Les trois attendent alors la tomb\u00e9e de la nuit. Un passage inesp\u00e9r\u00e9 en vrombissant d&rsquo;avions fran\u00e7ais, l\u00e2chant quelques bombes surprend les allemands, et permet aux r\u00e9fugi\u00e9s, apr\u00e8s avoir soigneusement cach\u00e9 le F. M devenu inutile dans le poutrage du toit, de sauter dans la cour de la maison, d&rsquo;un bond de traverser la rue \u00e0 la barbe des allemands et d&rsquo;aller se cacher dans une cave plus \u00e9loign\u00e9e des troupes allemandes pour y attendre l&rsquo;obscurit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celle-ci arriv\u00e9e, guid\u00e9s de leur seule boussole. Ils tentent, par les jardins et les champs, de rejoindre leurs camarades et la brigade. A deux kilom\u00e8tres \u00e0 peine de Dizy, ils se trouvent alors en face d&rsquo;une impressionnante colonne de chars lourds arr\u00eat\u00e9e en pleine route.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sont ceux de la 10\u00b0 panzer du g\u00e9n\u00e9ral Schaal du corps d&rsquo;arm\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Guderian. Avec la plus grande attention, ils remontent alors toute la longueur de cette colonne qui n&rsquo;en finit plus et comptent 150 chars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;urgence devient alors et imp\u00e9rativement de rendre compte. Marchant sans s&rsquo;arr\u00eater toute la nuit, ils rejoignent les lignes fran\u00e7aises \u00e0 7 heures du matin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les informations donn\u00e9es seront prises en compte, pour l&rsquo;organisation du dispositif de la 3\u00b0 DLC et imm\u00e9diatement port\u00e9es au Colonel de Gaulle qui a re\u00e7u mission de contre attaquer les forces allemandes le lendemain 17 mai avec sa 4\u00b0 division cuirass\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sera la bataille de Montcornet, o\u00f9 le 3\u00b0 RAM par l&rsquo;escadron Weygand et un escadron motocycliste en \u00e9clairage, sera encore au soutien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Durant cette journ\u00e9e du 16 mai, la 5\u00b0 brigade motoris\u00e9e Maillard de la 3\u00b0 DLC s&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9e seule, et avait gard\u00e9 ses positions face \u00e0 la puissance de la 10\u00b0 panzer division allemande.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les combats de Dizy le Gros avaient sauv\u00e9 la 13\u00b0 BLM et permis au corps fran\u00e7ais de s&rsquo;organiser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le prix pour le 3\u00b0 RAM et ses escadrons m\u00e9canis\u00e9s sera lourd : Les 2 escadrons command\u00e9s par le capitaine de Roys auront \u00e9t\u00e9 sacrifi\u00e9s, officiers, sous-officiers cavaliers quasiment tous tu\u00e9s, bless\u00e9s ou hors de combattre, les mat\u00e9riels d\u00e9truits en totalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais d\u00e8s les rescap\u00e9s regroup\u00e9s \u00e0 Sissone, rien, pas m\u00eame la fatigue, n\u2019emp\u00eachera cette poign\u00e9e de h\u00e9ros de repartir au combat autour de Sissone et de Sissone jusqu&rsquo;\u00e0 Laon, et cela jusqu&rsquo;au 20 mai.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car dans l&rsquo;attente de la man\u0153uvre qui va couper l&rsquo;arm\u00e9e franco-britannique en deux et aboutir \u00e0 la chute de Dunkerque le 4 juin, Hitler a d\u00e9cid\u00e9 contre l&rsquo;avis du commandement militaire de maintenir \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat et en d\u00e9fense active, les P. D. de Guderian dans le secteur de Montcornet. Cette incroyable d\u00e9cision donne un peu de r\u00e9pit \u00e0 la 3\u00b0 DLC, dont certaines unit\u00e9s pourront se r\u00e9\u00e9quiper en armement et en hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le capitaine de Roys pourra avec soulagement retrouver 4 nouveaux blind\u00e9s l\u00e9gers Hotchkiss au lieu de ceux qu&rsquo;il avait perdu en totalit\u00e9 \u00e0 Dizy : Il reconstitue sa force de side- car avec 24 Indian neufs et 12 motocyclettes R.G.. Le g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet se voit r\u00e9compens\u00e9 de la belle conduite de ses troupes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En plus de la 3\u00b0 DLC, il re\u00e7oit le commandement de deux autres divisions les 2\u00b0 et 5\u00b0 DLC avec les r\u00e9giments jumeaux du 3, les 2\u00b0 ,4\u00b0 et 5\u00b0 RAM, qui forment avec la 40\u00b0 DI, le fameux \u00a0\u00bb groupement Petiet \u00ab\u00a0, la force de soutien et d&rsquo;attaque rapide de la X\u00b0 arm\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Altmayer, qui va imm\u00e9diatement \u00eatre \u00e0 la peine et \u00e0 l&rsquo;honneur. Et ce sera le 5 juin, la deuxi\u00e8me phase du plan d&rsquo;attaque allemand, o\u00f9 apr\u00e8s le discours enflamm\u00e9 d&rsquo;Hitler au peuple allemand, tout le corps de bataille affranchi par la chute de Dunkerque, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par les panzerdivisions soutenues par les stukas, va pouvoir se jeter vers le sud. En face l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise, red\u00e9ploy\u00e9e attend ce choc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La X\u00b0 Arm\u00e9e tentera m\u00eame un mouvement : La derni\u00e8re des attaques de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise sera sur la Somme au matin de ce 5 juin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 RAM et l&rsquo;escadron de Roys, qui vient d&rsquo;\u00eatre d\u00e9tach\u00e9 \u00e0 la 13\u00b0 brigade l\u00e9g\u00e8re motoris\u00e9e du Colonel Lafeuillade est encore une fois encore en t\u00eate du groupement du g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet, qui va au prix de pertes immenses, en luttant \u00e0 un homme contre dix, \u00e0 un blind\u00e9 contre cinquante, contre un ennemi dont le commandement avait compris qu&rsquo;il fallait une seconde fois mettre en \u0153uvre la concentration massive de tous les blind\u00e9s face \u00e0 des lignes de combat fran\u00e7aises totalement \u00e9tir\u00e9es, ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas de cette aviation qui aurait pu justement \u00eatre la r\u00e9ponse \u00e0 cette force de masse brutale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 RAM, sa Brigade et sa Division vont permettre de sauver encore une fois l&rsquo;honneur de la cavalerie ;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s 3 jours de combats acharn\u00e9s, le r\u00e9giment devra se retrancher sur Poix et Aumale et la rivi\u00e8re de la Bresle. Le chef du 4\u00b0 peloton de l&rsquo;escadron de Roys, le lieutenant Fran\u00e7ois Lehideux, le grand patron des automobiles et industries Renault, y sera bless\u00e9 une seconde fois en portant secours \u00e0 son capitaine encercl\u00e9 par un forte troupe de fantassins d&rsquo;accompagnement des chars allemand.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il lui permet ainsi de pouvoir se replier et d&rsquo;\u00e9viter d&rsquo;\u00eatre fait une premi\u00e8re fois prisonnier. Nous retrouverons ce grand capitaine d&rsquo;industrie, qui avait sans obligations, sacrifi\u00e9 son confort d&rsquo;industriel r\u00e9quisitionn\u00e9 parisien pour partager la vie des soldats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au matin du 8 juin la bataille de la Somme a \u00e9t\u00e9 perdue, celle de la Seine commence d\u00e8s le 9 juin au matin. Le peu des restes encore en \u00e9tat de combattre du corps P\u00e9tiet, s&rsquo;est red\u00e9ploy\u00e9 pour tenter de barrer le passage du fleuve aux panzerdivisions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 Ram, cette fois en retrait de la 13\u00b0BLM qui a pass\u00e9 le fleuve \u00e0 pont de l&rsquo;Arche, tient alors une position de Vernon aux Andelys, pr\u00eat \u00e0 foncer pour colmater les br\u00e8ches du dispositif fran\u00e7ais, sit\u00f4t que les forces allemandes auront r\u00e9ussi leur franchissement de la Seine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais de Mantes \u00e0 Rouen, toutes les divisions blind\u00e9es du corps d&rsquo;arm\u00e9e Hoth avec \u00e0 sa droite la plus c\u00e9l\u00e8bre,la 7\u00b0 PD du futur mar\u00e9chal Rommel, qui \u00e0 pour mission d&rsquo;aller vers Cherbourg, enfoncent le dispositif. La Seine est franchie en nombre d&rsquo;endroits, par les zodiac allemands.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le groupement Petiet est alors charg\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tat major du sacrifice ultime : \u00a0\u00bb Tenir \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tenir le terrain pour permettre \u00e0 la X\u00b0 arm\u00e9e Altmayer de se replier au de la de la Loire et en m\u00eame temps barrer la marche vers le port et les arsenaux de Cherbourg. Ces journ\u00e9es seront les plus difficiles de toute la guerre dira plus tard le capitaine de Roys comme tous les t\u00e9moins de ces derniers jours de combat, sans munition ni ravitaillement, sans commandement et sans ordre, oblig\u00e9 de tout improviser pour tenter de retenir une arm\u00e9e entre la d\u00e9route et la d\u00e9b\u00e2cle traumatis\u00e9e par les plongeons incessants des avions stukas et junkers qui viennent mitrailler tout ce qui n&rsquo;est pas abrit\u00e9, et cela sans sommeil, sans moyen.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le capitaine de Roys et son escadron, qui a recueilli tous ceux qui, venant de diverses unit\u00e9s, voulaient encore se battre, sont devenus, d&rsquo;escadron r\u00e9gimentaire de combat, le principal soutien du commandant l&rsquo;Hotte qui a pris le commandement du 3\u00b0 RAM depuis la bataille de la Somme, se montrant le chef le plus capable, le h\u00e9ros le plus exemplaire et le plus charismatique de ces journ\u00e9es de la fin de la campagne de France. Ce seront les nouveaux combats de l&rsquo;Orne, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tat major de la 13\u00b0 brigade demande encore de monter une contre-offensive de d\u00e9gagement, pour soulager la retraite de la X\u00b0 arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle sera organis\u00e9e \u00e0 partir de Ranes, la petite ville ornoise o\u00f9 le RAM s&rsquo;\u00e9tait repli\u00e9 .Une batterie d&rsquo;artillerie \u00e0 deux pi\u00e8ces de 75, venue des vestiges du 72\u00b0 r\u00e9giment d&rsquo;artillerie motoris\u00e9e du lieutenant Colonel Thomas est transform\u00e9e en artillerie antichars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle permet une derni\u00e8re fois de repousser les forces blind\u00e9es ennemies qui se pr\u00e9sentaient au franchissement de la Rouvre .Et c&rsquo;est apr\u00e8s ces journ\u00e9es de repli, avec le soutien des escadrons de la 13\u00b0 BLM, la chevauch\u00e9e en avant : Les derniers side et motocyclistes solos l&rsquo;effectuent avec leurs seuls mitrailleurs, en direction de Carouges. C&rsquo;est la derni\u00e8re action construite dans la Campagne de France, con\u00e7ue pour donner les heures de r\u00e9pit que demandait le repli de la X\u00b0 arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce dernier p\u00e9rim\u00e8tre, le Colonel Lafeuillade a pu rassembler autour de son escadron de commandement de brigade, l&rsquo;escadron de Roys, tous les d\u00e9bris des unit\u00e9s qui se battent au bout de leur force.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autour de la Fert\u00e9 Ma\u00e7\u00e9, o\u00f9 il a install\u00e9 son PC, il essaye de diriger les unit\u00e9s, du moins ce qu&rsquo;il en reste, de celles toujours d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 combattre; Il essaye de les consolider sur la ligne Argentan &#8211; Alen\u00e7on ;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 16 juin, la 13\u00b0 BLM recevra m\u00eame du g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet, l&rsquo;ordre de tenter le passage de l&rsquo;Orne de S\u00e9es \u00e0 Argentan, afin de permettre le d\u00e9crochage du corps d&rsquo;arm\u00e9e Dufour, essentiel pour le repli de la X\u00b0 arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la manoeuvre du corps d&rsquo;arm\u00e9e Dufour, souvent g\u00ean\u00e9e par les encombrements des colonnes interminables des r\u00e9fugi\u00e9s, est mal ex\u00e9cut\u00e9e. Elle laisse s&rsquo;ouvrir une br\u00e8che, o\u00f9 le gros des blind\u00e9s allemands et de leur infanterie motoris\u00e9e va pouvoir s&rsquo;engouffrer : C&rsquo;est la fin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n&rsquo;y a plus ni hommes, ni mat\u00e9riel ni munitions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 3\u00b0 RAM, ses derniers escadrons Pigaud, Weygand, Kaminski et Rouz\u00e9e, aid\u00e9s du peloton de chars Maugey, les derni\u00e8res unit\u00e9s disponibles de la 13\u00b0 BLM avec l&rsquo;escadron de Roy\u00e8re et le peloton Madeline, doivent se replier vers Saint &#8211; Fraimbault o\u00f9 les allemands et leurs troupes fra\u00eeches, sont parvenus en nombre et en force, pouvant enfin les encercler.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n&rsquo;y a aucun espoir de briser de jour ce cercle d&rsquo;acier pour tenter de retrouver la 13 BLM.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le colonel Lafeuillade et l&rsquo;escadron de Roys sont \u00e0 leur tour isol\u00e9s dans leur PC de la Fert\u00e9 Ma\u00e7\u00e9. Le commandant l&rsquo;Hotte, sans ordre, doit alors se r\u00e9soudre \u00e0 la reddition, pour sauver le sang des rares rescap\u00e9s: L&rsquo;aube du 17 juin se l\u00e8ve dans ce village de Saint Fraimbault devenu totalement silencieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le commandant l&rsquo;Hotte s&rsquo;enquiert de l&rsquo;\u00e9tat de ses soldats, les postant dans des conditions aussi sures que possibles. 17 juin, douze heures trente, le discours radiophonique du Mar\u00e9chal P\u00e9tain s&rsquo;adresse aux fran\u00e7ais : \u00a0\u00bb .C&rsquo;est le c\u0153ur serr\u00e9 que je vous dis aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;il faut cesser le combat\u2026 \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le commandant Edmond L&rsquo;Hotte, et ses officiers n&rsquo;ont s\u00fbrement pas entendu ce message, m\u00eame si en bien des endroits les hauts parleurs allemands le diffuseront. Apr\u00e8s une toilette et s&rsquo;\u00eatre ras\u00e9 de pr\u00e8s, tenue et armes en ordre, baudriers ajust\u00e9s, les officiers du 3\u00b0 Ram se tenant droits, ayant fait identifier o\u00f9 \u00e9tait entr\u00e9 et post\u00e9 dans Saint &#8211; Fraimbault le commandement allemand de la force motocycliste d&rsquo;avant-garde des blind\u00e9s, ne peuvent plus que dire \u00e0 leurs hommes ext\u00e9nu\u00e9s, qui vont devoir affronter la botte allemande, montrant eux m\u00eame cet exemple : \u00a0\u00bb Messieurs de la tenue, s&rsquo;il vous plait.. ! \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils se rendent et obtiennent m\u00eame du commandement allemand de pouvoir conserver leurs armes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette reddition faite avec intelligence, organisation et g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 va permettre \u00e0 ceux qui en ont le courage, la force et le moyen, de pouvoir s&rsquo;\u00e9vader,en leur donnant ainsi un peu de temps de r\u00e9pit et d&rsquo;avance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le colonel Lafeuillade et le capitaine de Roys pourront ainsi avec les derniers \u00e9l\u00e9ments de la 13\u00b0 BLM de replier vers Ch\u00e2teau Giron. Les capitaines Kaminski, et Pigaud, le lieutenant Faye sauront eux aussi tr\u00e8s vite profiter de la nouvelle nuit : Apr\u00e8s un peu de sommeil r\u00e9parateur, \u00e0 leur tour ils parviendront \u00e0 forcer la route vers La Loire et de l\u00e0 vers le sud. Dans cette journ\u00e9e du 18 juin le capitaine de Roys installera son escadron et ses quatre pelotons, qui poss\u00e8dent encore 2 autos -mitrailleuses, une dizaine de side-cars et une quinzaine de motos-solo, compl\u00e9t\u00e9s par deux canons antichars de 25 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s le long de la route en P.C. de brigade \u00e0 Oisse. Il esp\u00e8re avec son chef le Colonel Lafeuillade pouvoir encore poursuivre le combat,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A suivre :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; La capture et l&rsquo;\u00e9vasion de juin &#8211; juillet 1940<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Le R\u00e9sistant 1940 \u2013 1944<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Le D\u00e9port\u00e9 1944- 1945<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; In M\u00e9moriam<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ces textes sont des articles \u00e9crits par J\u00e9r\u00f4me de Roys pour la revue de l&rsquo;association des \u00a0\u00bb Amis de Moret et de sa R\u00e9gion \u00a0\u00bb , en Seine et Loing, o\u00f9 ils sont parus, \u00e0 partir du N\u00b0 175, premier trimestre 2005, enrichis d&rsquo;une importante iconographie.<\/em> <em>Ils peuvent \u00eatre acquis au si\u00e8ge de l&rsquo;association :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>H\u00f4tel de Ville, 77250 MORET sur LOING,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>ou command\u00e9s par e-mail \u00e0 l&rsquo;association :<\/em> <a href=\"mailto:amisdemoret@wanadoo.fr\"><strong>amisdemoret@wanadoo.fr<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le texte donn\u00e9 ci-dessus est extrait d&rsquo;une r\u00e9daction plus compl\u00e8te qui sera mise sur le site dans le courant des ann\u00e9es 2006-2007, avec son illustration sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Asa, Novembre 2005, indice 1<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A Moret, la salle marquis de Roys perp\u00e9tue aujourd&rsquo;hui le souvenir d&rsquo;une grande figure de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00b0si\u00e8cle, Ren\u00e9 de Roys. ll na\u00eet \u00e0 Dijon le 1\u00b0 mars 1898, et est pr\u00e9nomm\u00e9 Ren\u00e9 en souvenir de ses a\u00efeux maternels par lesquels lui est parvenu Saint Ange. 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