{"id":243,"date":"2025-06-08T10:26:59","date_gmt":"2025-06-08T10:26:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/?p=243"},"modified":"2025-08-22T08:45:21","modified_gmt":"2025-08-22T08:45:21","slug":"rene-de-roys-chapitre-iii-le-resistant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/?p=243","title":{"rendered":"Ren\u00e9 de Roys &#8211; Chapitre III &#8211; Le R\u00e9sistant"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019installation \u00e0 Saint Ange<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rien n\u2019est plus laconique et pr\u00e9cis qu\u2019un livret militaire :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celui du capitaine de Roys, commandant le 3\u00b0 escadron motocycliste de d\u00e9couverte du 3\u00b0 RAM, port\u00e9 disparu le 18 juin 1940, ne mentionne rien des jours qui vont suivre, ni m\u00eame de son entrevue du 1\u00b0 septembre chez le g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il note seulement une nouvelle affectation par d\u00e9cision minist\u00e9rielle en date du 4 octobre 1940 au 8\u00b0 r\u00e9giment de Dragons, l\u2019un des r\u00e9giments autoris\u00e9s par les clauses du trait\u00e9 d\u2019armistice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus laconiques encore, quatre courtes phrases vont r\u00e9sumer quatre ann\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Plac\u00e9 en cong\u00e9 d\u2019Armistice \u00e0 compter du 4 d\u00e9cembre 1940<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Entr\u00e9 dans la R\u00e9sistance le 15 .11.1942<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Promu Chef d\u2019escadron le 25 06 1943<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Arr\u00eat\u00e9 par les allemands le 3 08.1944<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre ces deux dates du 4 d\u00e9cembre 1940 et du 3 ao\u00fbt 1944, c\u2019est toute une vie qui va s\u2019inscrire, avec une large partie dans un secret total, dont par petits fragments l\u2019historique peu \u00e0 peu se d\u00e9voile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019essentiel encore \u00e0 rechercher le sera aussi dans les archives anglaises.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Villecerf, canton de Moret sur Loing, est en zone occup\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s les pillages franco-fran\u00e7ais du mois de juin 1940, commis davantage par la population locale et leurs \u00e9pigones que par le flot des r\u00e9fugi\u00e9s n\u00e9cessiteux, jet\u00e9 sur les routes de l\u2019exode, c\u2019est paradoxalement l\u2019arm\u00e9e allemande, la <em>Wehrmacht<\/em> par son commandement g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OKW, qui va restaurer l\u2019ordre \u00e0 partir d\u00e8s le 29 juin en \u00e9tablissant \u00e0 Melun la <em>Feldkommandantur 680*, <\/em>et pour quelques semaines \u00e0 partir du 1\u00b0 juillet \u00e0 la Mairie de Moret.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Saint Ange, l\u2019automne 1940, la for\u00eat est belle de ses h\u00eatres pourpres et de ses ch\u00e2taigniers aux feuilles mordor\u00e9es. La maisonn\u00e9e est importante, et le sera de plus en plus au fur et \u00e0 mesure que l\u2019occupation allemande se fera davantage pesante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La marquise de ROYS a bien s\u00fbr accueilli ceux de sa famille qui sont dans la peine :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa m\u00e8re tout d\u2019abord, la G\u00e9n\u00e9rale Henri Geoffroy, qui vient de perdre le dernier de ses fils Louis, p\u00e8re dominicain, officier aviateur, mort en reconnaissance a\u00e9rienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa s\u0153ur Suzanne et ses deux enfants Christian et May, dont le mari le capitaine L\u00e9on Charles est prisonnier dans un Of.Lag ; ses deux belles s\u0153urs et leurs enfants, Yvonne Geoffroy et Nicole Geoffroy, dont les maris, l\u2019un officier de r\u00e9serve, l\u2019autre officier aviateur, attendent leur d\u00e9mobilisation d\u00e9finitive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re sera pr\u00e9sente de mani\u00e8re intermittente, la seconde et ses enfants davantage pendant toutes les ann\u00e9es de l\u2019occupation. Un rayon de bonheur dans ces temps de chagrin : La famille de Roys s\u2019agrandit avec un quatri\u00e8me et dernier enfant re\u00e7u comme le symbole de l\u2019espoir de la victoire et du retour \u00e0 la paix. La maison vit comme une ruche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au petit matin, le capitaine de ROYS qui se l\u00e8ve avec le jour, ranime le fourneau alsacien de la salle \u00e0 manger, puis adoss\u00e9 \u00e0 la fa\u00efence, se donne chaud aux reins en prenant, vieille habitude qu\u2019il a gard\u00e9e depuis le front de 1918, une mince tranche de pain sec grill\u00e9, qu\u2019il d\u00e9trempe dans une tasse de viandox. Il part ensuite, aid\u00e9 de sa canne, ayant prot\u00e9g\u00e9 ses chaussures de leggins, dans son parc observer le gibier, base du compl\u00e9ment de l\u2019alimentation d\u00e9j\u00e0 devenue rare, et organiser le travail des b\u00fbcherons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A son retour, il voit les enfants \u00e9tudier avec leur institutrice Mademoiselle Thierry, \u00ab Miselle \u00bb, pendant que la famille et le personnel vaquent aux innombrables t\u00e2ches domestiques d\u2019une grande maisonn\u00e9e, ext\u00e9rieur, int\u00e9rieur, potager, basse-cour, conserves et bocaux, travaux d\u2019aiguille et de tricot. Il monte \u00e0 son bureau et avec un crayon rouge d\u2019un c\u00f4t\u00e9, bleu de l\u2019autre, coche ses \u00e9tats du jour, tout en concluant ses d\u00e9cisions d\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">* : Elle \u00e9tait install\u00e9e dans les actuels bureaux du Cr\u00e9dit Lyonnais de Melun<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Revenons un instant en arri\u00e8re : Rethondes : Le 22 juin 1940, \u00e018h50, tout sera fini.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le wagon qui avait vu signer 22 ans plus t\u00f4t la fin des combats de la premi\u00e8re guerre mondiale, le G\u00e9n\u00e9ral Huntzinger pour la France et le G\u00e9n\u00e9ral Keitel pour l\u2019Allemagne signent l\u2019armistice, qui fixe une zone occup\u00e9e avec Paris et une zone dite libre avec la ville de Vichy o\u00f9 s\u2019\u00e9tablira le gouvernement fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un garde \u00e0 vous et une minute de silence \u00e0 la m\u00e9moire des morts fran\u00e7ais comme allemands de ces dix mois de combats, vont r\u00e9unir pour la derni\u00e8re fois les repr\u00e9sentants de deux pays. Vainqueur, vaincu, une derni\u00e8re fois entre soldats, ne se serreront pas la main bien s\u00fbr, mais ils se salueront dans le respect, les fran\u00e7ais d\u2019abord, les allemands leur rendant leur salut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019article 10 de la convention d\u2019armistice va stipuler : <em>\u00ab Le gouvernement fran\u00e7ais emp\u00eachera les membres des forces arm\u00e9es fran\u00e7aises de quitter le territoire fran\u00e7ais \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il interdit surtout aux ressortissants fran\u00e7ais de combattre l\u2019Allemagne ou d\u2019\u00eatre au service d\u2019\u00e9tats avec lesquels l\u2019Allemagne se trouve encore en guerre : L\u2019Angleterre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A 19h15 le 24 juin l\u2019armistice sera sign\u00e9 avec l\u2019Italie \u00e0 la villa Incisa \u00e0 Rome par le mar\u00e9chal Badoglio et le g\u00e9n\u00e9ral Hutzinger. La d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise obtiendra, in extremis, du mar\u00e9chal Badoglio, qu\u2019il renonce \u00e0 la livraison des \u00e9migr\u00e9s politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela ne sera pas sans influence dans notre canton de Moret et le village de Villecerf, o\u00f9 nombre de travailleurs italiens, ma\u00e7ons ou b\u00fbcherons \u00e9taient arriv\u00e9s soit par la mis\u00e8re de leur terre, soit pour quelques-uns, parce qu\u2019ils \u00e9taient communistes. Le cessez le feu sera sonn\u00e9 au clairon au d\u00e9but du jour de ce 25 juin sur tous les fronts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019entr\u00e9e dans la R\u00e9sistance, les fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cet hiver 1940, le premier de la guerre, alors que la France abasourdie par la d\u00e9faite est totalement silencieuse, une t\u00e2che prioritaire s\u2019impose \u00e0 ceux qui en veulent encore, et qui d\u00e9cident de continuer \u00e0 servir. Une t\u00e2che prioritaire : Mettre \u00e0 l\u2019abri ceux dont la pr\u00e9sence sur le sol fran\u00e7ais peut les exposer face \u00e0 l\u2019occupant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sont les officiers qui n\u2019ont pas pu ou pas voulu se mettre en r\u00e8gle avec leur autorit\u00e9, les prisonniers qui se sont \u00e9vad\u00e9s et qui continuent encore \u00e0 le faire, des militaires \u00e9trangers encore sur le sol fran\u00e7ais, tch\u00e8ques ou anglais surtout mais aussi les polonais, les juifs fran\u00e7ais ou non fran\u00e7ais, dont on commence \u00e0 savoir qu\u2019ils sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s. Son action, le capitaine de Roys avait donc d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle se passerait en France, puisqu\u2019il n\u2019avait pu rejoindre l\u2019Angleterre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette autre direction, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre entour\u00e9 des conseils voulus et des soutiens indispensables, sera celle d\u2019agir depuis sa terre de Saint Ange, en France vers l\u2019Angleterre, comme en France occup\u00e9e vers la France dite libre, o\u00f9 il a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9veill\u00e9 ses contacts et renou\u00e9 des amiti\u00e9s. En cet hiver 1940 et pour encore plus d\u2019un an, seule l\u2019Angleterre porte le poids de la guerre et celui de l\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Am\u00e9rique, les USA qui vont forger la victoire, ne rejoindront la guerre qu\u2019apr\u00e8s le tragique 7 d\u00e9cembre 1941 de Pearl Harbour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour agir, il faut s\u2019en donner les moyens et les r\u00e8gles. La toute premi\u00e8re est de pouvoir circuler librement, et avec des raisons telles que cela paraisse naturel, malgr\u00e9 toutes les restrictions et contr\u00f4les qui viennent de s\u2019\u00e9tablir, les autorisations \u00e0 demander : Ce sera pour longtemps le temps des <em>Ausweiss .<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le capitaine de Roys arr\u00eate ce qui sera sa couverture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il d\u00e9cide d\u00e8s le mois de novembre 1940, de s\u2019inscrire au \u00ab Groupement interprofessionnel forestier \u00bb syndicat professionnel de la propri\u00e9t\u00e9 foresti\u00e8re, dont le comit\u00e9 de Gestion est \u00e9tabli paritairement avec l\u2019administration par le Conservateur R\u00e9gional des Eaux et For\u00eats. Ce dernier a comp\u00e9tence et pouvoir de proposition en ce qui concerne la nomination des repr\u00e9sentants d\u00e9partementaux comme des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s nationaux des propri\u00e9taires forestiers, vis-\u00e0-vis des propri\u00e9taires adh\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le marquis de Roys s\u2019y emploie imm\u00e9diatement et peut se faire attribuer les responsabilit\u00e9s n\u00e9cessaires, en \u00e9tant d\u00e9sign\u00e9 \u00ab Repr\u00e9sentant des propri\u00e9taires forestiers de Seine et Marne \u00bb dans le \u00ab Comit\u00e9 de Gestion de la r\u00e9gion de Paris \u00bb. Ainsi, il peut se d\u00e9placer de mani\u00e8re constante entre Paris et le si\u00e8ge de l\u2019administration centrale, 132 boulevard du Montparnasse et les d\u00e9partements de la Seine, Seine et Marne et Seine et Oise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un peu plus tard, en d\u00e9cembre 1942, il obtiendra d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 r\u00e9gional de la r\u00e9gion de Paris aux autres comit\u00e9s r\u00e9gionaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car nombre de propri\u00e9taires forestiers en Ile de France poss\u00e8dent, ou leurs familles ou encore leurs homonymes des for\u00eats en France occup\u00e9e. Ce syndicat sera un vivier et une extraordinaire opportunit\u00e9 pour la R\u00e9sistance tout au long de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019exploitant forestier Ren\u00e9 de Roys, poss\u00e8de maintenant, d\u00e8s cet hiver 1940, l\u2019alibi incontournable pour les missions qu\u2019il va entreprendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il peut se rendre naturellement \u00e0 Paris, o\u00f9 de plus il dispose gr\u00e2ce \u00e0 sa belle &#8211; m\u00e8re la g\u00e9n\u00e9rale Geoffroy du domicile du 3 de la rue de l\u2019Universit\u00e9, maison o\u00f9 il s\u2019\u00e9tait en partie cach\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019armistice. L\u2019Ile de France et la province avec l\u2019ordre de mission voulu lui sont accessibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les moyens sont l\u00e0 pour constituer imm\u00e9diatement les relais et les points de chute indispensables qui s\u2019av\u00e8reront n\u00e9cessaires pour ce qu\u2019on appellera <em>les fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces fonctions seront ensuite l\u2019outil pour sa contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de r\u00e9seaux et \u00e0 la coordination de personnes, partout o\u00f9 cela lui sera n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il avait imm\u00e9diatement compris et int\u00e9gr\u00e9, que son action pour \u00eatre efficace et durable, devait se situer au-del\u00e0 de Saint Ange, de Villecerf, de son canton de Moret et de la r\u00e9gion, o\u00f9 son personnage et sa stature \u00e9taient par trop connus, et o\u00f9 il ne serait gu\u00e8re difficile \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 allemande, bien inform\u00e9e par l\u2019habituelle et imm\u00e9diate d\u00e9lation, de pointer le doigt sur lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais il lui faudra cependant savoir aussi ce qu\u2019il en retourne chez lui, \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute, comprendre l\u2019environnement direct, pour organiser et d\u00e9cider. Il lui faut aussi faire conna\u00eetre et assurer lui-m\u00eame ou tr\u00e8s vite d\u00e9l\u00e9guer certaines liaisons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour se faire, il va entreprendre tr\u00e8s rapidement le tour local des \u00ab amis \u00bb, depuis Melun o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 en 1938 &#8211; 39, \u00e0 la r\u00e9gion de Provins. Puis ce sera Montereau o\u00f9 il sera aid\u00e9 par le jeune chirurgien, Georges Luthereau, arriv\u00e9 dans les ann\u00e9es de son mariage et qui s\u2019est impos\u00e9 comme un ami tr\u00e8s proche et si souvent oublieux de lui-m\u00eame dans une modestie qui lui faisait dire <em>\u00a0\u00bb Il faut faire ce qu&rsquo;on a \u00e0 faire,et se taire quand on a fini \u00a0\u00bb ,<\/em>le v\u00e9t\u00e9rinaire Henri Ballot qui peut par son m\u00e9tier courir toutes les fermes environnantes, ce qu\u2019il faisait le plus souvent \u00e0 cheval, le pharmacien Lepesme , ou des amis de chasse comme, entre autres, les voisins de Preuilly, les Husson.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Moret, o\u00f9 il se rend r\u00e9guli\u00e8rement, la pharmacie tenue par un ancien de l\u2019Action fran\u00e7aise et des Croix de Feu, le docteur Eug\u00e8ne Moussoir qui restera le fondateur de la R\u00e9sistance dans la ville, sera au centre de ses contacts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il va parcourir l\u2019Aube, le pays de sa m\u00e8re, dont son grand p\u00e8re le Lt Colonel Richard de Roys avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9 : La route de Saint Ange par Nogent, Romilly Troyes, Brienne &#8211; le &#8211; Ch\u00e2teau le conduisait depuis son enfance \u00e0 cette autre terre familiale de Crespy. L\u2019Yonne depuis Joigny, o\u00f9 sa belle-s\u0153ur Nicole Geoffroy, poss\u00e9dait cette si belle maison \u00e0 colombage d\u00e9truite en juin 1940 par les bombardements italiens, et qui coule \u00e0 Clamecy la ville nivernaise, o\u00f9 il peut retrouver son vieil ami le Docteur Pierre Paulus, lui aussi fervent patriote attach\u00e9 aux valeurs imm\u00e9moriales de la France l\u00e9gitimiste,qui embrassera la R\u00e9sistance avec un esprit sorti de la Croisade :<em> \u2018\u2019 Avec la monarchie,nous avons perdu l&rsquo;honneur, Avec la religion de nos p\u00e8res, la vertu chr\u00e9tienne, Avec nos infructueux gouvernements,le patriotisme\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car dans la France vaincue, une partie de la population pactise encore par ob\u00e9issance doctrinaire avec l\u2019occupant. C\u2019est donc chez les patriotes, chez ceux d\u2019entre eux qui ajoutaient les vertus de courage et d\u2019abn\u00e9gation au sens du devoir et du service qu\u2019il fallait regarder.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sera donc dans le corps des officiers, chez les pr\u00eatres et les religieux, chez ceux qui avaient toujours soutenu les valeurs fran\u00e7aises \u00e9ternelles et l\u2019esprit de victoire, chez les A. F , les Croix de feu, qu\u2019il faudra recruter les aides, trouver les solidarit\u00e9s, mais ce sera aussi chez ceux, modestes et sans grade ou grands de ce monde, anim\u00e9s de l\u2019amour du pays, de leur terre de France et de leur prochain. A ceux-l\u00e0, il ajoutera, quelques amis anglophiles, sinon \u00e0 parent\u00e9 anglaise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Savoir sur qui compter ou non, sur qui s\u2019appuyer, commencera donc par l\u2019analyse de l\u2019annuaire, celui des officiers des r\u00e9giments o\u00f9 il avait servi, des promotions qu\u2019il avait suivies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un grand nombre ayant \u00e9t\u00e9 fait prisonnier, il fallait s\u2019assurer de ceux qui restaient et de leurs intentions. Il trouvera aussi dans les semaines et les mois qui viendront, des m\u00e9decins, des fonctionnaires, des ouvriers agricoles ou d\u2019usine, certains qu\u2019il avait lui-m\u00eame form\u00e9s dans ses fonctions d\u2019officier instructeur, ou au d\u00e9but de la guerre, et qu\u2019il retrouvera au hasard d\u2019un d\u00e9placement ou dans une situation organis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La notion de Mar\u00e9chaliste ou de Gaulliste est loin encore d\u2019\u00eatre \u00e9tablie. Le temps est encore le temps des fran\u00e7ais face \u00e0 la force occupante allemande, qui chaque jour s\u2019amplifie et se structure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une action qui doit rester secr\u00e8te, le secret \u00e0 quand m\u00eame une limite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des risques sont \u00e0 prendre pour indiquer ce que l\u2019on fait et ce que l\u2019on peut faire. Le petit nombre qui aura connaissance de son action sera en cette fin 1940 et tout au long de l\u2019ann\u00e9e 1941, limit\u00e9 \u00e0 ses camarades de l\u2019arm\u00e9e, et essentiellement ceux de la bataille de France avec lesquels il avait combattu et qui \u00e9taient parvenus, comme lui, \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 l\u2019\u00e9tau allemand de la fin juin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le mois de d\u00e9cembre 1940, il d\u00e9pose \u00e0 la gendarmerie de Moret sur Loing une d\u00e9claration de perte de carte d\u2019identit\u00e9 et fait aussit\u00f4t une demande d\u2019obtention d\u2019une nouvelle carte \u00e0 la pr\u00e9fecture de Melun, o\u00f9, \u00e0 l\u2019activit\u00e9 profession, il fera enregistrer <em>\u00ab Exploitant forestier \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par l\u2019affirmation de ce statut de civil, il s\u2019efforce de masquer en toute \u00e9vidence, son aspect par trop visible d\u2019officier de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ces premiers mois de l\u2019occupation, il va d\u2019abord faire recueillir et cacher chez tel parent ou tel ami \u00e0 Paris, ou dans des lieux surs, les camarades dans le besoin, les anglais qui s\u2019efforcent de pouvoir quitter la France ; ceux de ces derniers une fois retourn\u00e9s chez eux, lui serviront le moment venu de contact.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais tr\u00e8s vite l\u2019organisation allemande d\u2019occupation se mettant en place avec efficacit\u00e9, se r\u00e9fugier en zone libre, a fortiori quitter la France devient p\u00e9rilleux. Pour cela, il n\u2019y a en ce d\u00e9but 1941 que deux voies possibles, la Suisse mais l\u2019acc\u00e8s est en zone interdite ou l\u2019Espagne : cette derni\u00e8re sera donc privil\u00e9gi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re fili\u00e8re d\u2019\u00e9vasion qu\u2019il va \u00e9tablir et organiser depuis Paris impliquera \u00e0 son d\u00e9but les officiers du 4\u00b0 Hussards qu\u2019il avait connus soit lorsqu\u2019il y servait soit pendant la campagne de France o\u00f9 ce r\u00e9giment \u00e9tait le jumeau de son 3\u00b0 RAM. Faire passer les gens en Afrique du Nord et en Angleterre implique d\u2019abord de franchir la ligne de d\u00e9marcation. Elle n\u2019est pas encore totalement close, mais les contr\u00f4les sont l\u00e0, intermittents ou permanents, dans les gares et les carrefours routiers. Il faut avant tout au voyageur des raisons solides et justifi\u00e9es de voyager et \u00eatre muni de papiers en r\u00e8gles. Deux lignes d\u2019actions seront donc prioritaires : Etablir ces faux papiers aussi cr\u00e9dibles et complets que possible avec ses justifications de d\u00e9placement, puis organiser un itin\u00e9raire avec ses relais soit vers la zone libre soit jusqu\u2019\u00e0 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re en Espagne d\u2019abord, puis de l\u00e0 le Maroc ou l\u2019Angleterre directement ou via le Portugal. Pour la premi\u00e8re partie, quitter la France reste une action franco-fran\u00e7aise, pour la seconde il faut, en plus des relais, des soutiens et une assistance directe sp\u00e9cialis\u00e9e dans les passages vers l\u2019Afrique du Nord et l\u2019Angleterre. Ceux qui sont en danger se sont g\u00e9n\u00e9ralement cach\u00e9s soit dans des maisons de campagne, alors peu surveill\u00e9es, soit dans l\u2019anonymat des grandes villes. C\u2019est pour eux qu\u2019il faut, dans l\u2019urgence, constituer imm\u00e9diatement les solidarit\u00e9s capables, au long de leur itin\u00e9raire, de les aider voire de les accompagner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois pris en main, en fonction de la qualit\u00e9 des papiers et des justifications \u00e9tablis, l\u2019\u00e9vasion s\u2019organisait, majoritairement depuis Paris via Vierzon lieu o\u00f9 la France libre commen\u00e7ait, en direction des Pyr\u00e9n\u00e9es. Elle se faisait g\u00e9n\u00e9ralement par sauts de puce plus ou moins grands, combinant, le train, l\u2019autocar, parfois m\u00eame la bicyclette et tous les moyens locaux que pouvaient organiser ceux en charge de tel ou tel endroit du parcours ou d\u2019une \u00e9tape. Apr\u00e8s l\u2019hiver 1940, o\u00f9 cette action \u00e9tait encore assez simple, les difficult\u00e9s iront croissant surtout \u00e0 partir de l\u2019hiver 1942. Avec l\u2019occupation de la zone libre, le moindre d\u00e9placement deviendra p\u00e9rilleux, devant \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 avec le soin le plus m\u00e9ticuleux. Une des \u00e9tapes essentielles, et qui sera favoris\u00e9e par le capitaine de Roys pour lui-m\u00eame dans son action de responsabilit\u00e9 au sein de la R\u00e9sistance, comme pour l\u2019acheminement de ceux qu\u2019il avait la charge de faire passer en zone libre ou en Espagne, sera bas\u00e9e dans les Landes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut revenir aux ann\u00e9es o\u00f9 le lieutenant de Roys servait au 4\u00b0 Hussards de Rambouillet, une des villes de garnison qui v\u00e9curent intens\u00e9ment le grand d\u00e9bat sur la motorisation et l\u2019emploi des blind\u00e9s : Chars lourds, chars l\u00e9gers, les th\u00e9ories du g\u00e9n\u00e9ral Estienne, un familier de la famille Geoffroy, du g\u00e9n\u00e9ral Delestraint le futur patron de l\u2019A.S, du Colonel de Gaulle dont Ren\u00e9 de Roys avait suivi quelques cours en 1920, pendant son stage d\u2019activation. Rambouillet abritera aussi un r\u00e9giment de chars de combat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une importante famille de civils, mais anciennement de militaires, les Castelnau, tenait maison ouverte pour messieurs les officiers dans sa belle propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019avenue du mar\u00e9chal Foch. Hauts grad\u00e9s et jeunes aspirants y m\u00ealaient leurs \u00e2ges et leurs talents. La guerre venue, tout en conservant l\u2019usage de cette maison de Rambouillet, les deux fr\u00e8res, Pierre et Philippe, se partageront entre Paris et <em>Bazaillac <\/em>&#8211; La<em> tour de France<\/em>, leur propri\u00e9t\u00e9 landaise d\u2019Hagetmau, o\u00f9 Philippe Castelnau gagnera vite la notori\u00e9t\u00e9 reconnue de \u00ab passeur \u00bb. Le capitaine de Roys tr\u00e8s t\u00f4t va fid\u00e9liser cette amiti\u00e9 et ce soutien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Beaucoup d\u2019officiers de ce 4\u00b0 Hussards avaient pu ne pas \u00eatre fait prisonnier et certains s\u2019\u00e9chapper dans les premiers jours de leur captivit\u00e9. Un nombre important de ces d\u00e9mobilis\u00e9s devenus civils va s\u2019employer \u00e0 poursuivre dans l\u2019ombre la lutte contre les allemands. Ceux rest\u00e9s sous l\u2019uniforme mettront alors leur nouvel emploi au service de ceux que l\u2019on nommera ensuite \u00ab les R\u00e9sistants \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout au long de la guerre le capitaine de ROYS retrouvera et oeuvrera gr\u00e2ce aux talents de ces anciens du 4\u00b0 Hussards comme les capitaines d\u2019H\u00e9mery, d\u2019Hubert de Dompsure, le lieutenant de Lahorie\u2026etc. Une seconde raison, \u00e9galement majeure, qui lui fera privil\u00e9gier Hagetmau comme point de passage de la zone libre vers Hagetmau zone occup\u00e9e et vice et versa, sera le poste de passage de Sainte Colombe, n\u0153ud routier \u00e0 deux kilom\u00e8tres de Bazaillac.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le poste, hasard des affectations, \u00e9tait tenu d\u00e8s l\u2019automne 1940 par un brillant Hussard, le lieutenant prince Michel de Cantacuz\u00e8ne, autrefois premier aspirant du peloton du lieutenant de Roys \u00e0 Rambouillet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La demeure des Castelnau \u00e9tait merveilleusement situ\u00e9e : D\u2019un c\u00f4t\u00e9, son all\u00e9e d\u2019entr\u00e9e d\u00e9bouchait sur la route d\u00e9partementale D 933, Mont de Marsan &#8211; Orthez et au-del\u00e0 vers le col de Roncevaux et l\u2019Espagne, de l\u2019autre les champs et les bois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019anecdote t\u00e9moign\u00e9e par Henri Castelnau est r\u00e9v\u00e9latrice du type de missions et des circonstances et des risques lors de ces passages du capitaine de Roys d\u2019une zone \u00e0 l\u2019autre :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Il \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 la maison, venant de zone libre, donc en partie \u00e0 travers champs. Pour des raisons de couvre-feu, nous avions d\u00fb lui faire franchir la ligne dans l\u2019apr\u00e8s-midi, et l\u2019installer \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Jambon \u00e0 Hagetmau pour la nuit, avant qu\u2019il ne prenne \u00e0 l\u2019aube l\u2019autocar \u00e0 gazog\u00e8ne pour Laluque, petite gare de Grande Lande au nord de Dax, o\u00f9 s\u2019arr\u00eatait alors le train de Paris\u2026.Il d\u00eenait donc ce soir-l\u00e0 \u00e0 l\u2019H\u00f4tel Jambon, o\u00f9 son seul commensal \u00e0 l\u2019autre bout de la salle -\u00e0- manger \u00e9tait un \u00ab Major \u00bb des troupes d\u2019occupation. Tous les deux s\u2019ignoraient superbement, jusqu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019allemand, lev\u00e9 le premier, \u00e9tait pass\u00e9 dans le petit salon o\u00f9, malgr\u00e9 le mauvais \u00e9tat du piano droit, il s\u2019\u00e9tait mis \u00e0 jouer avec un professionnalisme de bon aloi. N\u2019\u00e9coutant que sa passion pour la musique classique, Ren\u00e9 de Roys rejoignait l\u2019officier, l\u2019\u00e9coutait religieusement et le f\u00e9licitait \u00e0 la fin du r\u00e9cital. La conversation s\u2019\u00e9tait engag\u00e9e avec ce personnage, qui devait se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre \u2018Premier violon\u2019 de l\u2019orchestre symphonique de Berlin et manier la langue fran\u00e7aise \u00e0 la perfection. L\u2019heure tournait sans que nos comp\u00e8res s\u2019en aper\u00e7oivent, jusqu\u2019au moment o\u00f9 une patrouille de la Feldgendarmerie arriva, s\u2019immobilisa brusquement pour saluer l\u2019officier et demanda ses papiers \u00e0 Monsieur de Roys. Le sous &#8211; officier fut alors interrompu par le Major qui, d\u2019un ton p\u00e9remptoire lui dit : Dieser Herr ist mein Freund (ce monsieur est mon ami). \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour des raisons aujourd\u2019hui encore non \u00e9tablies, un nombre significatif de ceux que le capitaine de Roys s\u2019efforcera de faire passer en Espagne, franchiront la fronti\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 un autre r\u00e9seau g\u00e9r\u00e9 par des personnes non encore identifi\u00e9es en fin de parcours et agissant sur la partie est des Pyr\u00e9n\u00e9es et la ville de Cerb\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce second point de ces passages vers l\u2019Espagne restera un magnifique symbole et Cerb\u00e8re, un mot de code: Car Cerb\u00e8re, le nom du chien tric\u00e9phale qui gardait en Gr\u00e8ce les Enfers, nom de cette petite commune du d\u00e9partement des Pyr\u00e9n\u00e9es orientales, port, gare ferroviaire et poste fronti\u00e8re avec l\u2019Espagne, lieu d\u2019espoir pour nombre des fugitifs, Cerb\u00e8re sera le nom que donnera le capitaine de Roys au v\u00e9n\u00e9rable \u00e9rable champ\u00eatre \u00e0 trois hautes tiges, qui ombrage encore le sud de la terrasse de Saint Ange.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ses correspondances avec les membres de ses r\u00e9seaux, <em>Cerb\u00e8re<\/em>, comme d\u2019ailleurs <em>la femme de trente ans<\/em> de Balzac et d\u2019autres formes cod\u00e9es, serviront \u00e0 pr\u00e9ciser l\u2019option de passage choisie : \u00ab <em>Votre bel arbre de la terrasse \u00bb \u00ab une caresse \u00e0 votre chien \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Afrique du Sud, o\u00f9 bien des ann\u00e9es plus tard l\u2019auteur de ces lignes fera la connaissance d\u2019Henri Castelnau, venu, jeune adolescent, visiter le Saint Ange des ann\u00e9es 1940 avec madame sa m\u00e8re, ou celle du Prince Cantacuz\u00e8ne, tous deux \u00e9tablis d\u00e9finitivement dans ce pays, seront mis au jour bien des \u00e9v\u00e9nements et des personnages, que l\u2019\u00e9pouse m\u00eame du capitaine de Roys ignorait, tant ce dernier savait mettre le secret le plus absolu dans ce qu\u2019il entreprenait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hagetmau verra passer nombre d\u2019\u00e9vad\u00e9s, mais surtout nombre d\u2019officiers envoy\u00e9s ensuite sur les itin\u00e9raires reconnus et s\u00e9curis\u00e9s, par le capitaine de Roys, remplir des missions sp\u00e9cifiques en zone libre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre itin\u00e9raire, celui de la Seine et Marne, l\u2019Aube ou de l\u2019Yonne, passait par la Ni\u00e8vre vers le Cher et Vierzon : Moulins sur Allier, le canal lat\u00e9ral de la Loire faisaient partie avec Vierzon des points essentiels par lesquels les passages s\u2019organisaient en fonction des opportunit\u00e9s ou complicit\u00e9s que l\u2019on avait dans les postes de contr\u00f4les.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le docteur Paulus en sera l\u2019un des acteurs essentiels Tout cela se coordonnera en m\u00eame temps qu\u2019en zone libre l\u2019Arm\u00e9e Secr\u00e8te du g\u00e9n\u00e9ral Delestraint montera en puissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En zone occup\u00e9e, entre zone libre et zone occup\u00e9e, avec Londres entre Londres et la France, il fallait tisser une vaste toile : Le capitaine de Roys va y construire et y tenir sa place \u00e0 sa mesure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il partage totalement, comme bien des premiers R\u00e9sistants, les convictions et le patriotisme fervent de cet homme d\u2019exception qui va enthousiasmer et savoir f\u00e9d\u00e9rer des Jean Moulin, des Henri Fresnay, des hommes si diff\u00e9rents du p\u00e8re Riquet \u00e0 l\u2019avocat radical -socialiste Rebeyrol.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans que ce soit aujourd\u2019hui parfaitement \u00e9tabli, c\u2019est tr\u00e8s certainement par l\u2019abb\u00e9 H\u00e9nocque, l\u2019ancien aum\u00f4nier de Saint Cyr de 1920 \u00e0 la guerre, plus que par le colonel Heurteaux et Charles Fornier, l\u2019O.C.M. (<em>Organisation Civile et Militaire) <\/em>ou le groupement Valois, que le capitaine de Roys va nouer avec le charismatique g\u00e9n\u00e9ral Delestraint le premier chef de l\u2019Arm\u00e9e Secr\u00e8te, celui qui saura enthousiasmer d\u00e8s le 8 juillet 1940 tant de fran\u00e7ais comme par cet extraordinaire discours de Caylus: <em>\u00ab La France s\u2019\u00e9croule aujourd\u2019hui dans un d\u00e9sastre effroyable. La veulerie g\u00e9n\u00e9rale en est la cause. Il d\u00e9pend de nous, de vous surtout les jeunes, que la France ne meure pas\u2026 La R\u00e9surrection glorieuse de P\u00e2ques a suivi de pr\u00e8s le sanglant et douloureux calvaire du Vendredi Saint \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un pas d\u00e9finitif est franchi: Le capitaine de Roys devient\u2018 Michel \u2019dans la R\u00e9sistance.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Vers la solidarit\u00e9 fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Trois dates vont marquer irr\u00e9versiblement le cours des choses et amplifier l\u2019activit\u00e9 initiale de fili\u00e8re d\u2019\u00e9vasion et d\u2019organisation d\u2019une premi\u00e8re forme de R\u00e9sistance : Ce seront d\u2019abord les lois anti-juives, qui vont amener en retour un extraordinaire \u00e9lan de solidarit\u00e9 chez l\u2019immense majorit\u00e9 des fran\u00e7ais, y compris ceux que l\u2019on aurait pu alors qualifier d\u2019antis\u00e9mites.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La base de l\u2019oppression initi\u00e9e par l\u2019appareil nazi avec les premi\u00e8res rafles de mai 1941 \u00e0 Paris, renforc\u00e9e par l\u2019outil de la loi du 2 juin 1941, durcissait celle du 3 octobre 1940 qui d\u00e9finissait ce que l\u2019on appellera <em>le statut des juifs<\/em>, bient\u00f4t suivi de l\u2019obligation infamante du port de l\u2019\u00e9toile jaune en zone occup\u00e9e. Il faudra sans attendre leur porter secours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En second, en lan\u00e7ant le 22 juin 1941 avec l\u2019<em>op\u00e9ration Barbarossa <\/em>l\u2019invasion de l\u2019union sovi\u00e9tique, Hitler sanctionne maintenant que chacun des deux anciens alli\u00e9s avait atteint son objectif de conqu\u00eate et de domination, la rupture de ce pacte germano-sovi\u00e9tique qui avait permis le d\u00e9mant\u00e8lement de la Pologne, l\u2019assassinat des pays baltes et la d\u00e9faite de la France. L\u2019invasion va imm\u00e9diatement ramener le parti communiste dans le camp fran\u00e7ais, en lui faisant privil\u00e9gier jusqu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration la Marseillaise \u00e0 l\u2019internationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ceux des fran\u00e7ais qui alors luttaient contre l\u2019occupant vont, au nom de l\u2019union nationale, accueillir les communistes, dont un petit nombre \u00e0 la base avait d\u00e8s 1939 d\u00e9savou\u00e9 sa direction et combattu. Le capitaine de Roys en accueillera et en formera un nombre important lorsque l\u2019heure sera venue de constituer des r\u00e9seaux arm\u00e9s en G\u00e2tinais, o\u00f9 ils pourront alors d\u00e9montrer lors des actions, leur courage, leur patriotisme et leur d\u00e9vouement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, \u00e0 la suite des accords Saukel &#8211; Laval de mai &#8211; juin 1942, la n\u00e9cessit\u00e9 pour les allemands de recourir massivement \u00e0 la main d\u2019\u0153uvre fran\u00e7aise, va amplifier le <em>transfert amiable<\/em> de fran\u00e7ais dans les usines allemandes, jusqu\u2019\u00e0 ce que soit institu\u00e9 par les lois de septembre 1942 et du 16 f\u00e9vrier 1943, le <em>d\u00e9placement <\/em>de tous les ressortissants fran\u00e7ais de plus de 20 ans : Le STO, service du travail obligatoire \u00e9tait n\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00e0 aussi une solidarit\u00e9 imm\u00e9diate va devoir se mettre en place pour faire sortir de zone occup\u00e9e ceux qui risquent \u00e0 chaque instant un d\u00e9part vers l\u2019Allemagne. Les maquis de l\u2019Ain, du Bugey et du Vercors de l\u2019arm\u00e9e secr\u00e8te compteront dans leurs rangs des maquisards ayant utilis\u00e9 les fili\u00e8res mises en place par le capitaine de Roys.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Simon Sztrumpfman alias <em>Jean Bias<\/em>,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Est\u00e9ra alias <em>Georgette Marchal<\/em>,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Janette alias <em>Jeannette Jouriste<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le capitaine et la marquise de Roys abritent et sauvent une famille juive \u00e0 Saint Ange :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que s\u2019\u00e9tait-il pass\u00e9 entre Simon Sztrumpfman modeste maroquinier n\u00e9 \u00e0 Varsovie en Pologne, arriv\u00e9 en France en 1925, install\u00e9 \u00e0 Paris o\u00f9 il s\u2019est mari\u00e9 avec Est\u00e9ra Klajnhauz une compatriote de Ciechanov en 1933, pour qu\u2019il rencontre le capitaine de Roys, et que ce dernier mette sa famille et sa maison au service de sa femme et de sa fille pour que celles-ci puissent \u00e9chapper \u00e0 la d\u00e9portation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous n\u2019en savons rien, sinon gr\u00e2ce au t\u00e9moignage de leur fille Janette, que cette famille juive pourra en toute extr\u00e9mit\u00e9 \u00e9chapper \u00e0 la rafle du Vel d\u2019Hiv du 16 juillet 1942, date \u00e0 partir de laquelle Madame Sztrumpfman viendra se r\u00e9fugier \u00e0 Saint Ange, seule d\u2019abord, alors que son mari poursuit une activit\u00e9 de r\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On sait que de 1942 au plus tard \u00e0 1944, il sera actif entre Paris et Lyon, voyageant beaucoup sous diff\u00e9rents noms d\u2019emprunt fran\u00e7ais comme Jean Bias, ou turc comme Dziri D\u00e9radji.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aura-t-il \u00e9t\u00e9 un lien entre l\u2019A.S. lyonnaise et les r\u00e9seaux A.S. en zone occup\u00e9e o\u00f9 servait le capitaine de Roys ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur fille Janette n\u00e9e \u00e0 Paris en 1936 ne rejoindra sa m\u00e8re \u00e0 Villecerf qu\u2019au second trimestre de l\u2019ann\u00e9e1943. Madame Sztrumpfman avait \u00e9t\u00e9 d\u00e8s son arriv\u00e9e dot\u00e9e de papiers au nom de Georgette Marchal, nom de famille d\u00e9riv\u00e9 de celui de la m\u00e8re du marquis de Roys ;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Etait ce Monsieur Eug\u00e8ne Moussoir qui avait \u00ab arrang\u00e9 \u00bb ces papiers d\u2019identit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00e8re et fille resteront \u00e0 Saint Ange jusqu\u2019\u00e0 la lib\u00e9ration, sans aucune nouvelle de leur mari et p\u00e8re, partageant la vie familiale, la m\u00e8re en aidant la marquise de Roys, la fille en suivant avec les enfants de la famille les le\u00e7ons de l\u2019institutrice Mademoiselle Lucie Thierry.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces deux femmes, la m\u00e8re avait encore beaucoup d\u2019accent en fran\u00e7ais, la fille bien s\u00fbr n\u2019en avait pas, vont vivre sans jamais pouvoir sortir de Saint Ange, toutes les circonstances et les angoisses de cette p\u00e9riode, et surtout celle de l\u2019arrestation du capitaine de Roys, que Janette relatera de mani\u00e8re si \u00e9mouvante lors des c\u00e9r\u00e9monies anniversaires de Villecerf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Lib\u00e9ration ne les rassurera pas sur le sort de Simon Sztrumpfman, dont elles n\u2019avaient d\u2019ailleurs plus de nouvelles depuis avril 1944.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elles resteront encore \u00e0 Saint Ange jusqu\u2019en septembre de cette ann\u00e9e, peut-\u00eatre la date o\u00f9 Est\u00e9ra Klajnhauz aura appris la mort de son mari, arr\u00eat\u00e9, certainement tortur\u00e9 et vraisemblablement liquid\u00e9 par les allemands ou la milice de Lyon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jamais les deux femmes ne pourront savoir les circonstances de la mort de ce juif r\u00e9sistant<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">*50 ans plus tard Janette Sztrumpmann devenue Madame L\u00e9on Dreyfuss reviendra \u00e0 Saint Ange,et souhaitera faire attribuer au marquis et \u00e0 la marquise de Roys \u00e0 titre posthume la <em>M\u00e9daille des Justes<\/em>. Elle \u00e9voquera ses souvenirs personnels, par des propos tr\u00e8s \u00e9mouvants, lors de diff\u00e9rentes manifestations officielles \u00e0 Villecerf et au monument du Pimard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9sistance en G\u00e2tinais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A partir de fin 1943, des instructions sont donn\u00e9es depuis Londres au capitaine de Roys pour concevoir et cr\u00e9er quelque chose localement \u00e0 Moret sur Loing et dans son environnement. Il s\u2019efforce alors de se renseigner sur ce qui pourra \u00eatre l\u2019encadrement de ce futur r\u00e9seau \u00e0 vocation de pouvoir se transformer en maquis arm\u00e9 le jour venu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais pour lui rien ne presse, et il sait d\u00e9j\u00e0 sur qui il pourra compter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il sait aussi que la r\u00e9gion ne se pr\u00eate aucunement \u00e0 la constitution physique d\u2019un maquis arm\u00e9. Ses vues s\u2019av\u00e9reront parfaitement justes, parce que ce ne sera qu\u2019\u00e0 partir de juin 1944 que l\u2019ordre sera donn\u00e9 d\u2019activer et d\u2019armer les r\u00e9seaux, de lancer l\u2019insurrection.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En face, le dispositif militaire d\u2019origine allemand, avec sa <em>Kommandantur <\/em>de Melun sous les ordres, \u00e0 partir de 1942, du Colonel von Karminsky et ses <em>Feldgendarmerie<\/em>, dont celle de Fontainebleau, command\u00e9e par le lieutenant Roth, va se renforcer avec l\u2019entr\u00e9e en Seine et Marne en septembre 1942, du RHSA, l\u2019office central de s\u00e9curit\u00e9 du Reich allemand, mieux connu ici au travers des trois appareils de son <em>Sichereitsdienst<\/em>, son service de s\u00fbret\u00e9 : la Gestapo, la Kripo, la Sipo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le S.D. dirig\u00e9 depuis son si\u00e8ge du 21 rue Delaunoy \u00e0 Melun, par le commandant Tuchel, puis Kranzig et pour finir par B\u00fcge arriv\u00e9 en avril 1944, dispose d\u2019une antenne \u00e0 Fontainebleau, install\u00e9e dans la Prison m\u00eame de la ville. Mais le personnage central, rencontr\u00e9 quotidiennement, et qui va assurer la continuit\u00e9 des op\u00e9rations de renseignements et de r\u00e9pression est Wilhelm Korf, num\u00e9ro 2 du S.D. seine-et-marnais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il \u00e9tait professeur d\u2019Histoire g\u00e9ographie \u00e0 Magdebourg avant de rejoindre en 1937 la S.S. L\u2019appareil nazi est peu nombreux. Tout au plus et selon les moments, Korf va diriger avec l\u2019aide d\u2019un assistant luxembourgeois une vingtaine de ces SS, assist\u00e9s par un nombre important d\u2019informateurs fran\u00e7ais, b\u00e9n\u00e9voles ou r\u00e9tribu\u00e9s, que l\u2019on trouvera partout, h\u00e9las aussi dans le canton de Moret et m\u00eame \u00e0 Villecerf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand <em>la Milice<\/em> s\u2019\u00e9tablira, le m\u00e9pris que les allemands avaient d\u2019elle, la rendra peu efficace. Ils participeront cependant \u00e0 bien des crimes et de d\u2019actions r\u00e9pressives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le r\u00e9seau Mor\u00e9tain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ayant identifi\u00e9, reconnu, pris contact avec les personnes essentielles de l\u2019environnement local, comme celles n\u00e9cessaires qui allaient avoir \u00e0 s\u2019imposer dans le d\u00e9roulement de la guerre, le capitaine de Roys, en dehors des actions mises en route, va comme tant de fran\u00e7ais attendre avec impatience les ordres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand et comment seront donn\u00e9s les premiers, en dehors de ceux du quotidien et ceux officiels de fin 1943 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un peu avant cette date sans doute, un avion Lysander venu d\u2019Angleterre serait venu se poser \u00e0 proximit\u00e9 sur la commune de Dormelles, entre les Grands Bois, les Bois Huard et la ferme de Bikade, d\u00e9posant un officier de liaison, un radio et des instructions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les noms n\u2019en sont pas connus, mais la date de fin 1942 de leur venue, depuis Londres \u00e0 Saint Ange est celle attest\u00e9e dans le dossier du SHAT de Vincennes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui est certain, c\u2019est que d\u00e8s cette visite, le capitaine de Roys va s\u2019efforcer d\u2019identifier et de reconna\u00eetre tous les lieux de parachutages possibles et en faire \u00e9tat \u00e0 Londres, comme en zone libre, tout en commen\u00e7ant \u00e0 fixer les contacts avec les organisations existantes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au premier trimestre de l\u2019ann\u00e9e 1944, lorsqu\u2019il est inform\u00e9 que le d\u00e9barquement alli\u00e9 s\u2019organise, et qu\u2019une fois sur le territoire fran\u00e7ais, les alli\u00e9s auront besoin du support arm\u00e9 de la R\u00e9sistance, le moment est donc venu de r\u00e9aliser ce qu\u2019il avait con\u00e7u et organis\u00e9 et qui deviendra le <em>Groupement FFI de Moret sur Loing<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le recrutement sera fait homme apr\u00e8s homme, r\u00e9sistant par r\u00e9sistant, toujours dans cette perspective d\u2019\u00e9tablir un noyau de responsables qui ensuite pourra \u00eatre augment\u00e9 au fur et \u00e0 mesure du besoin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Avonnais Jean Carles, qu\u2019il a tr\u00e8s t\u00f4t choisi, peut-\u00eatre dans la mouvance des Carmes, sera son lieutenant et surtout l\u2019homme des liaisons avec l\u2019ext\u00e9rieur, et du commandement direct \u00e0 Moret, o\u00f9 il sera assist\u00e9, les semaines et mois suivants, par un encadrement compos\u00e9 de Paul Defontenay, Robert Faule, Maurice Leblanc, Ren\u00e9 Auroy, Roland Plateau, chacun en charge initialement de seulement un ou deux hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Seul le capitaine de Roys et Jean Carles ont connaissance de la composition du r\u00e9seau et de son encadrement. Son exp\u00e9rience de lieutenant puis de capitaine instructeur lui fera mettre un soin tout particulier \u00e0 organiser et \u00e0 former, mais aussi \u00e0 fractionner, \u00e0 compartimenter les hommes qui lui avaient fait confiance, \u00e0 g\u00e9rer les solidarit\u00e9s et les amiti\u00e9s. Au d\u00e9but 1944, seuls les premiers futurs chefs de groupe sont arm\u00e9s, et apprennent le maniement des armes dans les souterrains de Saint Ange, avec ses armes personnelles, avant celles provenant des futurs parachutages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les raisons de venir leur sont fabriqu\u00e9es soigneusement : Achat de bois de chauffage, travaux dans la maison et le voisinage, diverses raisons toujours justifiables\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour beaucoup, leurs noms ne seront connus qu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration : Carles, le lieutenant, les Chefs de groupe Defontenay, Leblanc, Plateau, Auroy, Fournier, rejoints tr\u00e8s vite par les Florent, les Rondreux, les Noudeaux et les autres\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le secret en sera si bien tenu qu\u2019il arrivera que des camarades de la m\u00eame ville ne sauront pas qu\u2019ils appartenaient au m\u00eame r\u00e9seau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certains arr\u00eat\u00e9s, tortur\u00e9s et d\u00e9port\u00e9s comme Pierret ou Pingal ne parleront jamais. Ce ne sera d\u2019ailleurs qu\u2019avec le d\u00e9but du printemps 1944 que lui parviendront enfin le plan d\u2019action avec ses objectifs \u00e0 atteindre et les moyens envisageables, par les responsables de l\u2019Arm\u00e9e Secr\u00e8te en liaison avec Londres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les plans \u00e0 appliquer le seront avec l\u2019arriv\u00e9e des troupes alli\u00e9es. En ce d\u00e9but 1944, alors qu\u2019il est encore aussi discret que possible \u00e0 Villecerf et sa r\u00e9gion, pour bien privil\u00e9gier ses autres missions, tr\u00e8s peu savent qui il est et quel est son grade r\u00e9el dans la R\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De m\u00eame, s\u2019il a pu identifier la plupart des organisations locales, et en particulier celle du capitaine Gaillardon \u00e0 Souppes sur Loing, il restera par s\u00e9curit\u00e9 avec eux et dans les deux sens, dans des termes aussi distants que possible, sachant qu\u2019il ne fallait \u00eatre connu et ne conna\u00eetre que pour des raisons d\u2019absolues n\u00e9cessit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, il ne prendra contact avec l\u2019essentiel Gaillardon et ne lui demandera son aide que lorsque les parachutages auront \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9s, organis\u00e9s et planifi\u00e9s par la logistique anglaise, et que la coordination sur le terrain sera devenue n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il apportera alors ses comp\u00e9tences et son exp\u00e9rience. De m\u00eame, par ces cloisonnements, il ne conna\u00eetra pas certaines autres organisations, qui elles de leur c\u00f4t\u00e9 n\u2019auront jamais connaissance de la sienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec la perspective de la perc\u00e9e des Am\u00e9ricains, la r\u00e9gion de Nemours et celle de Montereau -Moret devenaient alors strat\u00e9giques tant pour le dispositif alli\u00e9 qui pouvait envisager de contourner Paris par le sud, que par la situation et les mouvements de retraite des troupes allemandes. Des parachutages auront donc \u00e0 \u00eatre organis\u00e9s, car le temps \u00e9tait enfin venu de pouvoir armer les R\u00e9sistants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les localisations judicieusement pr\u00e9par\u00e9es depuis longtemps s\u2019imposaient d\u2019elles-m\u00eames : L\u2019arri\u00e8re-pays des villes de Nemours, Moret , Montereau, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019endroit assurait le plus de s\u00e9curit\u00e9 tant pour les armes que pour ceux qui \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s pour les r\u00e9ceptionner puis les distribuer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La quinzaine de parachutages planifi\u00e9e par les anglais sera r\u00e9ussie entre la fin juin et le d\u00e9but ao\u00fbt 1944<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les parachutages du Pimard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Londres avait arr\u00eat\u00e9 la date du 14 juillet pour le largage de trois tonnes et demie d\u2019armes et de munitions, par deux avions qui devaient passer sur la drop-zone choisie entre 23 heures et une heure du matin dans la nuit du 14 au 15 juillet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Sa cravate est bleue<\/em>, le message le confirmant \u00e0 <em>Michel<\/em>, est diffus\u00e9 en clair d\u00e8s le 12 au matin. Le lieu choisi sera un champ du lieudit le Bois-Br\u00fbl\u00e9, le point limite des trois communes de Villecerf, Villemer et Dormelles, large espace encadr\u00e9 par des boqueteaux bien bois\u00e9s, qui permettront aux feux de balisage d\u2019\u00eatre facilement vus du ciel, sans qu\u2019ils ne puissent se voir du sol, surtout par d\u2019\u00e9ventuels passants de la route D\u00e9partementale 218 Moret \u00e0 Lorrez -le -Bocage par Villecerf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bois Br\u00fbl\u00e9 est \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres des rares habitations et des deux fermes du petit hameau du Pimard o\u00f9 r\u00e9sident les deux fr\u00e8res cultivateurs Clotaire et Emile Noudeau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Pimard, c\u2019est l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 nord du parc de Saint Ange, d\u2019o\u00f9 l\u2019on peut aller directement et en toute s\u00e9curit\u00e9, par de nombreuses all\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre ce modeste hameau du Pimard, et le Bois Br\u00fbl\u00e9, les ruines d\u2019une petite maison, autrefois l\u2019habitation du garde du parc de Saint Ange, jusqu\u2019\u00e0 sa destruction par les prussiens en 1871. Cette nuit du 14 juillet avance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certains disent avoir entendu les deux avions, mais ils ne se pr\u00e9sentent pas sur le site. A trois heures du matin, il faut tenir que le jour va se lever, l\u2019ordre est donn\u00e9 de suspendre l\u2019op\u00e9ration et \u00e0 ses acteurs de rentrer chez eux. Les feux de balisage sont \u00e9teints.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Carles organise le retour des \u00ab mor\u00e9tains \u00bb, les Noudeau celui des locaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 23 juillet au matin, Londres fait diffuser \u00e0 nouveau le message radio. <strong><em>\u00ab Sa Cravate est Bleue \u00bb.<\/em><\/strong> Annon\u00e7ant \u00e0 <em>Michel<\/em>, le nouvel essai pour le 25 juillet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Michel<\/em>,le capitaine de Roys, fait informer Jean Carles que le parachutage maintenu aura lieu le soir m\u00eame vers 22 heures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les ordres \u00e9tant donn\u00e9s, Carles et les participants vont arriver comme cela avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu, et se regrouper dans le parc de Saint Ange d\u2019abord, puis \u00e0 la nuit tomb\u00e9e dans la ferme d\u2019Emile Noudeau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les b\u00fbchers de bois pr\u00e9par\u00e9s pour faire les feux de balise sont pr\u00eats \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des trous d\u00e9j\u00e0 creus\u00e9s pour recueillir ensuite les braises et les cendres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ordre est donn\u00e9 de les allumer vers 21H30. A 22 heures l\u2019avion, un seul avion se pr\u00e9sente, et apr\u00e8s un premier passage en faible cercle, parachute ses containers en un seul lancer avant que de dispara\u00eetre dans la nuit vers le sud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les hommes, une dizaine, dirig\u00e9s par les fr\u00e8res Noudeau vont s\u2019affairer imm\u00e9diatement ; dans une premi\u00e8re \u00e9tape les 10 containers sont compt\u00e9s. Une fois ouverts, ils sont vid\u00e9s de leur contenu. Un premier groupe convoie les containers avec leurs parachutes et les entrepose dans la cave reconnue de la maison de garde en ruine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois la totalit\u00e9 cach\u00e9e dans cette cave, les pierres d\u2019un des murs seront \u00e9boul\u00e9es avec des gravats pour d\u00e9finitivement les dissimuler.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019inventaire du contenu des containers est fait : Fusils-mitrailleurs Bren, mitraillettes Sten, pistolets Webley &#8211; Westley, munitions, explosifs et grenades. De l\u2019argent aussi, billets de banque et pi\u00e8ces d\u2019or.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019urgence est donc qu\u2019avant le lever du jour, tout cet armement soit mis \u00e0 l\u2019abri, sans laisser de traces. Le premier lieu d\u2019entreposage a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 dans les lierres du mur de cl\u00f4ture qui s\u00e9pare le parc de Saint Ange de ce que l\u2019on appelle le petit parc, et qui en r\u00e9alit\u00e9 est le c\u00f4t\u00e9 sud bois\u00e9 d\u2019arbres rares du jardin attenant \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ne pas laisser de traces, les hommes brancarderont \u00e0 bras ou \u00e0 brouette depuis le champ du bois br\u00fbl\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la ferme de Clotaire Noudeau, les deux \u00e0 trois tonnes de mat\u00e9riel, qui seront ensuite charg\u00e9es sur une charrette \u00e0 cheval, pour \u00eatre amen\u00e9es sur une distance d\u2019un kilom\u00e8tre et demi, par les all\u00e9es du parc, au lieu m\u00eame de leur entreposage. Les \u00ab Mor\u00e9tains \u00bb pouvaient rentrer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une par une elles seront soigneusement cach\u00e9es sous les lierres du mur, c\u00f4te parc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant aux caissettes de munitions, des espaces entres les grandes roches de la futaie- plaine ou des anciens trous de meules de charbon de bois feront l\u2019affaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet ext\u00e9nuant travail sera assur\u00e9 par les Noudeau aid\u00e9s de Carles et des locaux soigneusement choisis pour d\u2019\u00e9videntes raisons de s\u00e9curit\u00e9, par le capitaine de Roys.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce petit groupe, une toute jeune fille, la filleule d\u2019Emond Dupray arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9port\u00e9 en 1943, Marguerite Pelletier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment cela est-il arriv\u00e9, personne ne le saura jamais, mais d\u00e8s le 28 au matin, la rumeur se r\u00e9pand \u00e0 Moret et arrive aux oreilles de Carles, qu\u2019un parachutage aurait eu lieu \u00e0 Villecerf. La gendarmerie allemande a install\u00e9 aussit\u00f4t des barrages tout autour de Moret et surtout sur toutes les routes qui partent de Villecerf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils viennent \u00e0 Saint Ange fouiller les b\u00e2timents des fermes et les souterrains, et bien s\u00fbr n\u2019y trouvent rien. Mais l\u2019alerte est donn\u00e9e, et les armes sont n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elles doivent parvenir \u00e0 destination. Le capitaine de Roys va donc prendre les d\u00e9cisions suivantes : Le 30 juillet, t\u00f4t au matin, un tombereau attel\u00e9 \u00e0 un cheval est charg\u00e9 de bois de chauffage et de bourr\u00e9es camouflant la grande majorit\u00e9 des armes et des munitions qui \u00e9taient stock\u00e9es dans le parc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il sera conduit par Raymond Noudeau, fils de Clotaire alors \u00e2g\u00e9 de 16 ans, dont on se sert de la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Raymond Noudeau ne sait pas autre chose sinon qu\u2019il doit conduire ce chargement de bois, d\u2019abord \u00e0 Moret, chez Maurice Viratelle le fleuriste de la rue du Champ de Mars ensuite chez Maurice Leblanc au 63 de la rue Victor Hugo \u00e0 Veneux- les \u2013 Sablons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien s\u00fbr, et \u00e0 son insu, le chargement conduit par Raymond Noudeau sera, en permanence, habilement surveill\u00e9 par des \u00e9claireurs : Plateau et Leblanc, et avec angoisse lorsqu\u2019il aura \u00e0 franchir les deux barrages allemands \u00e9tablis au long de son parcours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce m\u00eame 30 juillet, la mission termin\u00e9e Carles pourra apprendre \u00e0 Defontenay que le capitaine de Roys l\u2019a nomm\u00e9 chef de section permanent des trois groupes qui constituent le groupement Moret &#8211; Veneux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019arrestation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque fois qu\u2019un parachutage r\u00e9ussi venait \u00e0 leur connaissance, les allemands agissaient pour arr\u00eater leurs acteurs ou leurs responsables, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir r\u00e9cup\u00e9rer les armes. Ainsi Wilhelm Korf, le bras droit depuis 1941 des commandants du S .D. allemand en Seine et Marne, ira-t-il en personne le 24 juillet massacrer les oblats de la Brosse Montceau, apr\u00e8s le parachutage r\u00e9ussi du 18 juillet 1944. Le lendemain du massacre, le docteur Georges Luthereau ira sortir un par un du puits o\u00f9 les S.S. les avaient jet\u00e9s les corps des malheureux moines assasin\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme toujours les allemands et leurs contacts locaux, \u00e0 d\u00e9faut de savoir o\u00f9 avait eu lieu le parachutage du 25 juillet, l\u2019avaient \u00e0 peu pr\u00e8s localis\u00e9 au sud de Moret, par le bruit des moteurs d\u2019avion, bruit que la nuit amplifie toujours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Villecerf et sa r\u00e9gion leur apparaissait \u00eatre le lieu probable. Ce parachutage \u00ab au sud de Moret \u00bb leur est confirm\u00e9 par plusieurs informations de diverses sources. Aussi la direction du SD de Melun donne l\u2019ordre \u00e0 ses agents d\u2019aller activer leurs habituels informateurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y en avait h\u00e9las plusieurs \u00e0 Villecerf, bien connus pour cela et depuis longtemps. Les d\u00e9nonciations \u00e0 Melun ont d\u00fb \u00eatre cette fois de qualit\u00e9, car il est d\u00e9cid\u00e9 d\u2019envoyer deux agents de la gestapo en civil \u00e0 Villecerf o\u00f9 ils arrivent le 27 juillet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un deux est un alsacien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils s\u2019\u00e9tablissent dans la maison de l\u2019un de leurs informateurs et commencent \u00e0 mener grand train dans les bistrots du village, dans l\u2019espoir qu\u2019en faisant boire les clients voire les patrons, ils les feraient parler, leur apprenant ainsi le lieu du parachutage, celui de la cachette des armes, comme les noms des r\u00e9ceptionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux \u00e0 trois jours se succ\u00e8dent, les deux civils allemands restant en permanence \u00e0 Villecerf sauf pour aller rendre compte \u00e0 Fontainebleau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien s\u00fbr, ils ne peuvent pas ne pas apprendre que le marquis de Roys qui vit au ch\u00e2teau, est un ancien officier, qu\u2019il est donc n\u00e9cessairement de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9\u2026. !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u2019a-t-il pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 plusieurs fois d\u00e9nonc\u00e9 \u00e0 Fontainebleau et \u00e0 Melun ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Saint Ange regorge de souterrains et de cachettes, c\u2019est un lieu id\u00e9al pour entreposer les armes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais ces fameux souterrains ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9s m\u00e9ticuleusement plusieurs fois depuis 1943 et les premiers parachutages par la <em>Feldgendarmerie <\/em>dans le cadre de pr\u00e9c\u00e9dentes d\u00e9nonciations. Rien n\u2019y a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9, lors de la derni\u00e8re fouille effectu\u00e9e en pr\u00e9sence du marquis, qui s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00eatre un paisible forestier. Rapport de tout cela a \u00e9t\u00e9 fait et transmis au major Korf \u00e0 Melun mais aussi \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les informateurs habituels donnent les habituelles d\u00e9nonciations sans preuves, et les villecerfois qui ne savent rien, ne peuvent donc rien dire, d\u2019autant qu\u2019avec une prudence de bon aloi, le capitaine de Roys n\u2019aura recrut\u00e9 aucun villecerfois, et qu\u2019aucun des villageois n\u2019aura appartenu \u00e0 une quelconque organisation de R\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois la <em>Feldgendarmerie<\/em> est requise de fouiller les bois de la Montagne de Train et ses d\u00e9p\u00f4ts de pav\u00e9s de gr\u00e8s. Le r\u00e9sultat est n\u00e9gatif mais fait monter la pression. Melun et Fontainebleau s\u2019impatientent. Les armes doivent \u00eatre imp\u00e9rativement retrouv\u00e9es et les coupables arr\u00eat\u00e9s. Une nouvelle d\u00e9nonciation, peut \u00eatre cette fois venue de Paris, va donc faire organiser une op\u00e9ration tout \u00e0 fait inhabituelle, au regard de situations similaires pr\u00e9c\u00e9dentes, par son envergure et sa mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au matin du 2 ao\u00fbt 1944, le marquis de Roys comme \u00e0 son habitude est le premier lev\u00e9. Il ne peut s\u2019emp\u00eacher de pressentir que cette journ\u00e9e n\u2019est pas comme d\u2019habitude, mais rien ne vient le lui confirmer. Il part alors vers le parc, faire sa tourn\u00e9e du matin, rentre d\u00e9jeuner, et repart vaquer \u00e0 d\u2019autres occupations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi avance, il est environ 3 heures, trois heures trente. C\u2019est alors qu\u2019il entend tr\u00e8s au loin des inhabituels bruits de camions et de motos. Il voit les allemands s\u2019approchant de Saint Ange. Il comprend, il est certain que c\u2019est pour lui. Sa d\u00e9cision est vite prise, car il sait qu\u2019il n\u2019a pas d\u2019autre choix que de se cacher dans un endroit \u00e0 la fois s\u00fbr et proche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aussi par le haut de la maison, le petit parc, il gagne le b\u00e2timent de la bouverie de la ferme attenante, d\u2019o\u00f9 il sait qu\u2019on n\u2019ira jamais le chercher l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du haut de la charpente o\u00f9 il s\u2019est commod\u00e9ment install\u00e9, il peut observer tout ce qui se passe, depuis la route de Villecerf, dans la cour de la ferme et une grande partie de Saint Ange. Il peut aussi, en revenant le long du mur du petit parc, se d\u00e9placer sans trop de risques, et de l\u00e0 entendre des conversations. Les Allemands sont venus avec deux camions et des voitures. Un camion va stationner \u00e0 la grille de l\u2019entr\u00e9e principale, l\u2019autre aller plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les allemands en descendent, un groupe remonte l\u2019all\u00e9e qui acc\u00e8de \u00e0 la ferme, l\u2019autre entre dans Saint Ange par l\u2019all\u00e9e de pav\u00e9s. Ils marchent lentement, observant tout. Ceux qui sont entr\u00e9s dans la cour de la ferme, commencent \u00e0 poser en mauvais fran\u00e7ais des questions aux fermiers, les \u00e9poux Raoul et L\u00e9one Cotelle et \u00e0 leurs charretiers. Ont-ils vu, attendant derri\u00e8re le petit portillon qui va de la ferme \u00e0 Saint Ange, deux des enfants, Richard et B\u00e9atrice de Roys alors \u00e2g\u00e9s de 7 et 6 ans, qui les observent \u00e9tonn\u00e9s derri\u00e8re les barreaux ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre groupe qui est entr\u00e9 directement au ch\u00e2teau, observe, compte et interroge tout ce qui est visible et peut composer la maisonn\u00e9e. Ils reconnaissent avec soin les lieux, regardent les chemins d\u2019acc\u00e8s. Ils montent le grand escalier d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terrasse, d\u2019o\u00f9 la marquise de Roys qui a fait rentrer tout son monde dans la maison, les observait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que se passe-t-il ? Certains allemands tentent de l\u2019encercler ! Pour la capturer. ! au fur et \u00e0 mesure qu\u2019ils s\u2019avancent, lentement d\u2019ailleurs, elle s\u2019\u00e9loigne avec la m\u00eame lenteur, et un moment, ils s\u2019arr\u00eatent, redescendent l\u2019escalier puis regagnent leurs v\u00e9hicules, o\u00f9 les attendent ceux qui avaient inspect\u00e9 la ferme. Ils d\u00e9marrent en direction de Villecerf ; le soir va tomber, relativement tard en ce mois d\u2019ao\u00fbt. A la nuit tombante le marquis de Roys revient et s\u2019isole avec sa femme, avant que les adultes, ayant couch\u00e9 et embrass\u00e9 les enfants, entrent dans la salle \u00e0 manger pour le d\u00eener.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La nuit est maintenant tomb\u00e9e. Tous sont all\u00e9s se coucher, certains inquiets de ces \u00e9v\u00e9nements de la journ\u00e9e que le marquis de Roys s\u2019est efforc\u00e9 de temp\u00e9rer avec son calme et son autorit\u00e9 habituelle. En son for int\u00e9rieur, il sait que si quelque chose arrive, il ne pourra pas mettre en oeuvre ce qu\u2019il a depuis longtemps pr\u00e9par\u00e9 avec soin, l\u2019\u00e9vasion de toute la maisonn\u00e9e par le parc et les Grands Bois, o\u00f9 un stock d\u2019essence a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 pour approvisionner les v\u00e9hicules n\u00e9cessaires. Extinction des feux, la maison s\u2019est endormie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle est brutalement r\u00e9veill\u00e9e en pleine nuit par les aboiements des chiens, dont celui de <em>Tobrouk <\/em>le bas-rouge attach\u00e9 au pied de l\u2019escalier. Ce sont les allemands en force, une vingtaine sinon plus, qui encerclent toutes les issues de la maison et frappent \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le marquis de Roys, ayant pass\u00e9 une robe de chambre vient leur ouvrir. Il pense alors que personne de Villecerf o\u00f9 tous les nombreux v\u00e9hicules allemands se sont regroup\u00e9s, et ont embarqu\u00e9 leurs guides avant que de se s\u00e9parer pour encercler le site, personne pendant ce long moment n\u2019aura pens\u00e9 ou pu le pr\u00e9venir ou le faire pr\u00e9venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur chef, qui n\u2019est pas le major SS Korf qui aurait alors \u00e9t\u00e9 reconnu par le marquis ou la marquise de Roys qui le connaissaient de vue, est certainement B\u00fcge le responsable du SD de Melun, sinon un major venu pour cela de Paris. Il demande en allemand \u00e0 visiter la maison, chaque pi\u00e8ce de la maison une par une.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le marquis de Roys va l\u2019accompagner, pendant qu\u2019un SS alsacien, reconnaissable \u00e0 son accent, va rester en faction dans la chambre de sa femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque pi\u00e8ce est inspect\u00e9e par le major suivi de ses deux gardes arm\u00e9s. Il s\u2019assure en regardant les dormeurs que ce sont bien l\u00e0 les enfants et les adultes de la maisonn\u00e9e dont certainement il a d\u00fb conna\u00eetre l\u2019effectif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le marquis de Roys s\u2019inqui\u00e8te lorsqu\u2019il lui faut ouvrir la porte de la chambre o\u00f9 dorment Midia-Est\u00e8ra la r\u00e9fugi\u00e9e juive au si fort accent polonais et sa petite fille Janette. Pourvu que ces femmes ne parlent pas.. !!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour cette seule chambre, il entrera le premier, passant vivement devant le Major. Dans le m\u00eame temps, il approche le quinquet de sa bouche pour qu\u2019on voit bien sa figure et avec ses l\u00e8vres fait \u00ab chut \u00bb. Miracle ! Midia comprend et alors qu\u2019elle est \u00e9veill\u00e9e, elle va simuler un profond sommeil. Les allemands quittent la pi\u00e8ce, et vont \u00e0 la suivante\u2026 La maison inspect\u00e9e, le major gagne la chambre du marquis de Roys, et lui indique de se pr\u00e9parer \u00e0 le suivre. C\u2019est l\u2019arrestation. En r\u00e9ponse, il demande \u00e0 rester seul avec sa femme quelques instants pour lui dire Adieu. Le Major accepte mais exige que le SS reste en faction devant la fen\u00eatre. Au plus tournera t\u2019il \u00e0 moiti\u00e9 le dos quand ils s\u2019habilleront. La marquise de Roys ne dira jamais ce qu\u2019auront \u00e9t\u00e9 les derniers mots de son mari, ni les siens. Peut-\u00eatre et tout simplement ne se sont-ils rien dit tant leur proximit\u00e9 \u00e9tait grande. Le temps accord\u00e9 est pass\u00e9, la porte s\u2019ouvre, le major vient chercher le capitaine de Roys. Ce dernier est assis dans la berg\u00e8re \u00e0 gauche de la chemin\u00e9e. Sa femme se tient pr\u00e8s de lui face \u00e0 la chemin\u00e9e dans l\u2019autre berg\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Devant eux, une petite table avec un cendrier. Le marquis de Roys a joint ses mains, et fait glisser de son doigt la lourde chevali\u00e8re familiale qui ne l\u2019a jamais quitt\u00e9. Il l\u2019enferme dans sa main droite qu\u2019il ferme doucement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec un geste infiniment lent, il approche sa main ferm\u00e9e de la main gauche ouverte de sa femme, fait que celle-ci recouvre son poing. Inclinant l\u00e9g\u00e8rement le buste vers la chemin\u00e9e, il s\u2019approche de sa femme, place son poing ferm\u00e9 sous sa main, et conduit leurs deux mains au-dessus de la petite table. Lorsque son poing ferm\u00e9 couvre le cendrier, il l\u2019ouvre et replace sa main alors largement ouverte au-dessus de celle de sa femme. La chevali\u00e8re, ce si fort symbole familial, est sauv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et, avec un dernier sourire, il se l\u00e8ve et la quitte avec les yeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La marquise de Roys ne reverra plus jamais son mari. Deux jours plus tard, au soir du 6 ao\u00fbt elle distribuera les armes rest\u00e9es \u00e0 Saint Ange aux responsables et aux hommes du r\u00e9seau de Moret, r\u00e9unis par Carles : Plateau, Florent, Auroy et Leblanc. Ce m\u00eame soir plus tard, vers 22 heures trente, Carles et le groupe ayant travers\u00e9 le parc de Saint Ange, retrouveront au Pimard, leur nouveau commandant qui les y attendait. Le Service continuait.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u00e9r\u00f4me de ROYS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019installation \u00e0 Saint Ange Rien n\u2019est plus laconique et pr\u00e9cis qu\u2019un livret militaire : Celui du capitaine de Roys, commandant le 3\u00b0 escadron motocycliste de d\u00e9couverte du 3\u00b0 RAM, port\u00e9 disparu le 18 juin 1940, ne mentionne rien des jours qui vont suivre, ni m\u00eame de son entrevue du 1\u00b0 septembre chez le g\u00e9n\u00e9ral P\u00e9tiet [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,4],"tags":[],"class_list":["post-243","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","category-histoire-de-saint-ange"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/243","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=243"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":244,"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/243\/revisions\/244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.amisdesaintange.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}