I. Le destin de Calais se joue et se conclut à Moret

Avril 1567, Le destin de Calais se joue et se conclut à Moret

Un épisode majeur dans le temps des guerres de Religion

2021.02.22 Calais 1ère Partie
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Un de nos meilleurs érudits de l’histoire du Gâtinais et de la ville de Moret, Eugène Thoison, que les ‘Amis de Moret’ connaissaient bien pour l’avoir reçu à plusieurs reprises dans leur ville, lors de la présentation de deux de ses ouvrages les plus fameux, « Petites notes d’histoire gâtinaise, avec ses belles gravures de la ville de Moret et surtout son très documenté ‘Séjour des rois de France dans le Gâtinais’, passe sous silence ce séjour majeur que la reine mère Catherine de Médicis va faire à Moret, en 1567 avec son second fils le roi Charles IX, élisant la ville de Moret pour être le lieu du prononcé de l’acte final du retour à la France de Calais, ville et terre anglaise avec son Calaisis depuis le 4 septembre 1346, un ville qui pendant ces 221 ans allait tenir le haut de l’histoire de France et plus encore celle de l’Angleterre. Bien sûr il faudra ici reprendre la complexe et tumultueuse aventure que sera la relation entre l’Angleterre et la France durant cette longue période, avant que d’arriver à son terme Morétain d’avril 1567




Moret, le point final de 221 ans de l’histoire anglaise de Calais


Chacun a encore en mémoire le fameux épisode des bourgeois de Calais, « qui la corde au cou », vont présenter les clefs de la ville au roi d’Angleterre Edouard III… Calais le port français sur la Manche, la grande ville négociante, était devenue anglaise depuis qu’Edouard III après avoir débarqué à Saint Vaast la Hougue le 12 juillet 1346 pour « une promenade en France » qui va s’achever par sa victoire de Crécy, ce triomphe total auquel lui-même ne s’attendait même pas, va décider alors, au lieu de rentrer en Angleterre de s’emparer de Calais dont il voyait bien l’importance stratégique et


commerciale pour la couronne anglaise, et en faire sa tête de pont en France, en contrôlant ainsi sur ses deux rives la navigation en Manche. Il y met le siège le 4 septembre 1346.



Rodin : Les bourgeois de Calais


A la différence de Crécy, où la victoire avait été facile et immédiate, ce siège va être difficile, long et meurtrier, et il lui faudra 11 longs mois, pour venir à bout de français affaiblis par la famine puis mis à la dernière extrémité par l’entrée de la peste noire. Edouard III avait conduit lui-même le siège, et le 3 Août aura lieu cet évènement resté dans toutes les mémoires : ‘le sacrifice des bourgeois de Calais’: Jean de Vienne, le gouverneur français, annonce depuis la ‘tour de guet’ d’où il pouvait s’adresser et être entendu des assiégeants, qu’il acceptait de se rendre, en priant le roi d’Angleterre qui exigeait une capitulation sans condition, de bien vouloir épargner la population de la ville, qui n’avait fait qu’obéir aux ordres du roi de France, dont il était ici le représentant. C’est alors, sur l’acquiescement d’Edouard III que Jean de Vienne mandatera six bourgeois de la ville, pris parmi les familles les plus importantes, Eustache de Saint-Pierre, Jean d’Aire, Jacques et Pierre de Wissant, Andrieu d’Andres et Jean de Fiennes, qui, pieds nus et la corde au cou, vont sortir de la ville, se présenter à genoux devant le roi Edouard debout à l’entrée de sa tente, entouré de ses principaux chevaliers, et lui remettre les clefs de la ville, posées sur un coussin de soie.


Edouard III, roi d’Angleterre


Dès le lendemain, 4 août 1347, les notables de la ville sont expulsés et aussitôt remplacés par des colons anglais pour bien signifier au roi de France, qu’à présent Calais était devenue ‘terre de la nation et du royaume d’Angleterre’. Edouard III va y savourer son succès en restant en France jusqu’au 10 octobre et symboliquement, il embarquera de Calais pour rentrer dans son ile.

L’occupation de Calais, la tête de pont anglaise sur le continent, allait durer jusqu’en janvier 1558, plus de deux siècles, 211 ans exactement, et il faudra attendre la reprise des guerres entre Henri II, Philippe II d’Espagne et Marie Tudor son épouse, pour que des circonstances nouvelles, que personne n’aurait pu imaginer, fassent que Calais devienne à nouveau le centre de l’histoire. Son retour à la souveraineté française sera l’évènement alors improbable, dont les journées de Moret de 1567 seront le point final, malgré la volonté farouche de l’Angleterre de s’y maintenir coûte que coûte. Pour les anglais, Calais était anglais, terre anglaise, la tête de pont territoriale de la royauté anglaise sur le continent.

La fin de la guerre de 100 ans, l’intégration de la Provence au royaume de France, va faire se désintéresser la royauté française de cette enclave anglaise, qui aurait dû être l’épine majeure au sein du royaume. Mais depuis Charles VIII et Louis XII, les Valois n’ont d’yeux que pour l’Italie, et la rivalité avec l’autre empire européen celui de Charles Quint puis de son fils Philippe II leur seul obstacle au rêve italien. L’Angleterre n’est plus qu’un acteur de seconde zone.

L’année 1515, avec la mort de Louis XII le 1er janvier, à qui va succéder François Ier, la mort l’année suivante de ses deux grands-pères Ferdinand et Maximilien, vont faire de Charles d’Autriche, Charles Quint le roi d’Espagne et l’empereur germanique, le plus puissant souverain de son temps, le plus grand en Europe depuis Charlemagne et l’adversaire premier de la France. Le retour de Calais à la France et la querelle anglaise ne sera donc pas la priorité du roi Chevalier, qui cherchera plus tôt mais sans succès, avec l’Angleterre un allié face à l’empire de Charles Quint:



François Ier


Le camp du Drap d’or, n’apportera pas grand-chose pas plus que le déplacement de François Ier à Calais dans l’hiver 1532 à l’invitation d’Henri VIII, qui espérait alors son soutien pour son remariage avec Anne Boleyn. Il ne sera jamais en mesure d’établir alliance anglaise.

Il n’en était pas de même pour l’Angleterre et Henri VIII qui ne se consolait pas des territoires perdus sur le continent, et va même jusqu’à envisager une invasion de la France en 1543, qui heureusement se limitera, avec un corps expéditionnaire parti de Calais, à la prise de Boulogne. Malgré un premier traité signé à Ardres et la promesse de beaucoup d’argent, François Ier ne parviendra pas à récupérer Boulogne, et il faudra attendre le règne d’Henri II, et le traité d’Outreau de 1550 pour que Boulogne soit enfin rendu à la France. Mais là encore et pas un seul instant la France ne s’était interrogée sur le destin de Calais, comme si cette ville, cette enclave dans le sol national, ne faisait plus partie du royaume, et se devait de rester éternellement anglaise .




Henri VIII d’Angleterre


La montée sur le trône d’Henri II, conseillé par son favori le connétable de Montmorency, celui qu’il appelait ‘son compère’ plus avisé et prudent, que belliciste, n’avait pas interrompu le rêve italien des Valois-Angoulême.


Henri II Roi de France


Ce rêve s’opposait frontalement à l’empire de Charles Quint, qui selon la succession des papes, était soit l’ami ou l’ennemi de la papauté. Le soutien des grands électeurs protestants allemands acté par le traité de Chambord de 1552, va être l’occasion pour Henri II d’augmenter son influence et sa présence dans le Saint Empire, mais surtout en Italie. Après s’être emparé de ce qu’on appellera les 3 évêchés Metz, Toul et Verdun, il se lance dans la campagne de Sienne, cette ville italienne qui venait de chasser les Impériaux. Hélas, malgré de beaux succès initiaux, 3 ans plus tard, Sienne et Montluc devront se rendre, et ce sera la fin du rêve Toscan d’Henri II acté par le traité de Vaucelles de 1556, ce dernier acte d’autorité de Charles Quint. Charles Quint souhaitait abandonner le pouvoir, pour se consacrer à Dieu, et uu soir de son règne, le ‘très catholique’ Charles Quint, malgré le peu de considération qu’il avait porté au ‘très débauché’ le feu roi de France François Ier, avait voulu quand même tenter d’apaiser les tensions européennes à commencer par la querelle française, en créant les justes conditions d’apaisement entre les deux souverains majeurs de l’Europe, le roi Henri et ce fils Philippe II dont il anticipait l’impétuosité.



Charles Quint

Mais ce sera, moins d’un an plus tard, Henri II qui va rompre cette paix de Vaucelles, pourtant si peu défavorable à la France, avec comme première conséquence le retour de l’Angleterre dans le conflit entre l’Empire et le Royaume. L’année 1557 va donc débuter sous le cliquetis des armes : l’Italie avec le duc de Guise, la Champagne, où les troupes françaises qui n’étaient pas en Italie se rassemblent sous le commandement du connétable de Montmorency: Ces actions françaises précédent de peu la retraite définitive que prend alors Charles Quint, entré au couvent du Yuste. Sa paix de Vaucelles si intelligemment souhaitée, était rompue. Philippe II, et Henri II sont maintenant face à face.





Philippe II de Habsbourg, roi d’Espagne


Marie Tudor 1, la seconde épouse de Philippe II, qui vient de succéder à son père déclare solennellement la guerre à La France. Elle met aussitôt de l’or à disposition de l’Espagne son « alliée catholique », mais surtout elle fait rassembler à Calais 7.000 hommes sous le commandement de lord Pembroke, qui vont rejoindre à Bruxelles en août 1557 les 60.000 Impériaux et Flamands commandés par Philibert de Savoie. Ils marcheront ensemble pour mettre le siège devant Saint Quentin, les anglais formant l’une des trois colonnes d’assaut les plus meurtrières de la ville.



Marie Tudor, reine d’Angleterre et d’Irlande

Le connétable de Montmorency, surpris par cette stratégie, qu’il avait mal évaluée, va donc venir aussitôt au secours de la place de Saint Quentin, tenue par moins de 3.000 défenseurs de plus très faiblement protégée par des murailles médiocres et mal entretenues.



Anne de Montmorency, connétable de France


Additionnant les erreurs et la malchance, ce sera le désastre de cette armée venue au secours de Saint Quentin, forte pourtant de plus de 40.000 hommes, qui groupait toutes les forces françaises qui n’étaient pas en Italie. Plus de 50 drapeaux et toute l'artillerie française sont perdus. Le connétable de Montmorency, les ducs de Montpensier et de Longueville, le maréchal de Saint André sont faits prisonniers. Cette défaite du jour de la Saint Laurent sera l’une des plus noires journées de l’histoire de France, ouvrant de plus la route de Paris, alors sans aucune défense. Heureusement, l’erreur stratégique de Philippe II, ne voulant pas lancer son armée vers Paris, tant que la ville de Saint Quentin ne serait pas tombée, conjuguée à l’héroïsme de ses défenseurs commandés par Coligny qui sut tenir plus de 17 jours à 1 contre 30, va sauver la France d’un désastre pourtant prévisible qui aurait pu avoir des conséquences tragiques. Faute d’argent Philippe II, piètre stratège, va dès la reddition de Saint Quentin licencier son armée au lieu de marcher sur Paris. Henri II, réagira heureusement mieux que l’espagnol: Il appelle d’urgence le duc de Guise alors en Italie, d’où il fait revenir toutes les troupes à marche forcée



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François, Duc de Guise

Montmorency, Saint André prisonniers, le duc de Guise est nommé dès son arrivée à Paris lieutenant général du royaume. En charge de la reprise des hostilités, il comprend bien qu’il faut diviser l’ennemi, et réduire l’alliance de l’Angleterre avec les Impériaux. Les forces anglaises s’organisant systématiquement à Calais, et craignant de les y voir à nouveau venir soutenir les espagnols, Il décide qu’il lui faut s’emparer de cette ville, et forme le projet dans le plus grand secret de s’emparer du port et de la ville de Calais malgré sa défense forte de plus de 300 canons.

Comme elle est puissamment défendue, il ne peut s’en emparer que par surprise. Pour cela le jeune duc, va dans le plus grand secret, parvenir à concentrer ses forces à proximité de Calais. L’année 1558 s’ouvrait grâce au génie militaire du duc de Guise avec enfin un plan d’action sur Calais, le tout premier depuis 1347 où Calais était devenue anglaise.



La forteresse de Calais au XVIème siècle


Ses 30.000 hommes rassemblés et regroupés à Montreuil-sur-mer, à Boulogne et à Compiègne, il entreprend le siège de Calais le samedi 1er janvier 1558 en investissant Sangatte. Le lendemain par un coup de main audacieux il enlève le fort de Risban, où il installe son artillerie, prenant ainsi à revers l‘artillerie considérable des anglais. Il faut dire qu’en cette période hivernale, le gouverneur anglais, confiant dans les défenses naturelles de la ville avec ses marais, et surtout ses deux forts, avait laissé rentrer en Angleterre une partie de la garnison, qui n’était alors qu’à son effectif minimum. Le dimanche 7 janvier, à peine 7 jours après le début du siège, Lord Thomas Wendworth le gouverneur anglais de Calais, totalement débordé par l’impétuosité des troupes du duc de Guise, n’aura d’autre choix que de leur remettre à son tour les clefs de la ville, où Henri II accompagné de Catherine de Médicis, du Dauphin François et de tous les seigneurs du royaume, fera une entrée solennelle le 23 janvier 1558. A peine huit jours avaient suffi au duc de Guise pour réaliser ce qui avait pris 11 mois à Edouard III 210 ans plus tôt: 4 août 1347 au 8 janvier 1558.



Lord Thomas Wendworth, dernier gouverneur anglais de Calais

Calais reprise, François de Guise peut à présent contre-attaquer les espagnols : Il va diriger des combats avec plus ou moins de succès contre les forces impériales dans les Flandres avec les prises de Thionville et d’Arlon et en ligne de mire la prise de Luxembourg. Mais ces succès sont stoppés le 13 juillet 1558 par le comte d’Egmont, le brillant stratège de Saint Quentin, qui défait à Gravelines l’armée française du maréchal de Thermes. Cela conjugué à la menace d'une flotte anglaise forte de plus de 120 bateaux sur la Normandie et la Bretagne, à la faiblesse financière de la France, et surtout cette la menace nouvelle que le calvinisme fait peser sur tout le royaume, Henri II se décide à solliciter la paix un mois plus tard, mais si maladroitement, qu’il faudra près de 9 mois pour commencer les négociations et aboutir à un traité de paix. Les combats avaient cessé, la mort de Charles Quint le 21 septembre 1558 précédent d’à peine 2 mois celle de Marie Tudor, va encore reporter le début de ces négociations de paix, souhaitées par les 2 souverains Espagnols comme Français. Si Charles Quint s’était retiré des affaires pour mieux réparer sa succession et le passage de l’autorité à son fils, la mort de Marie Tudor la très catholique le 17 novembre, va elle modifier totalement la politique de l’Angleterre.


Philippe II d’Espagne et Marie Tudor, reine d’Angleterre et d’Irlande


Plusieurs historiens du temps, dont de Thou vont penser, sinon être convaincu que la chute de Calais avait été la cause première de la mort de Marie Tudor, la 1ère reine régnante d’Angleterre et d’Irlande : « Quand la reine d’Angleterre, lorsqu’elle vit que la guerre, qu’elle avait déclaré à la France, ne lui était pas favorable, que Calais et les autres places que les anglais possédaient au-delà de la mer avaient été prises, & que le roi son époux, dont elle ne pouvait souffrir l’absence, était engagé dans la guerre de Flandres, elle conçut un chagrin inexprimable ; elle devint outre cela hydropique, et prenant cette maladie pour une véritable grossesse, elle refusa tous les remèdes qui auraient pu lui convenir & voulut observer une régime de vie très contraire à la guérison & à sa santé. Une fièvre d’abord assez légère survint ; mais augmentée peu à peu, elle conduisit enfin cette princesse au tombeau le 17 Novembre1558. La mort de Marie Tudor la catholique va lever la difficulté et termine la contestation au sujet de Calais : Pendant la vie de Marie Tudor, les espagnols ne pouvaient rien relâcher de leurs prétentions sur Calais, mais depuis sa mort, ils paraissaient ne devoir pas les soutenir avec la même fermeté. Les plénipotentiaires jugèrent donc à propos de se séparer dans ces circonstances présentes, et convinrent de remettre la négociation au mois de janvier suivant»

De Thou2 précisera même: « Il y eut de grandes contestations sur la restitution de Calais. …, Elisabeth, cette princesse d’un esprit supérieur et d’une prudence au-dessus de son sexe craignant que si elle se confiait aux espagnols, ils ne l’abandonnent, et voulant soutenir l’honneur de sa nation, prit le parti de traiter en particulier avec le roi de France: Que Calais resterait avec le territoire qui en dépend, mais qu’au bout de huit ans, ce prince le rendrait aux anglais, ou cinq cent mille écus d’or pour équivalent, que le roi promettait d’exécuter cet accord de bonne foi & donnerait pour sureté tels gentilshommes français en otage, que la reine voudrait choisir »

Elisabeth Ière qui avait été finalement reconnue comme son héritière par Marie Tudor, pour que Marie Stuart promise au dauphin de France ne puisse prétendre au trône d’Angleterre, avait aussitôt préparé un gouvernement pour faire suite à celui de sa demie – sœur. Le jour même de sa mort, le 17 novembre 1558 alors qu’elle venait donc d’être désignée reine du royaume d’Angleterre, ce dernier se mettra en place.


Elisabeth 1ère d’Angleterre

Dès son couronnement à Westminster deux mois plus tard le 15 janvier, pour marquer sa distance face aux espagnols catholiques, elle la protestante, elle va engager la première et séparément les négociations avec la France, qui la réclamait depuis des mois, avec la volonté de signer une paix, quel qu’en soit le prix. Elisabeth était alors plus préoccupée d’asseoir son pouvoir, que de toutes autres considérations. Ses négociations séparées avec la France aboutiront à la signature entre les anglais et la France du traité de paix dit le premier traité de Cateau-Cambrésis, qui laissera les français la souveraineté de Calais et des villes du Calaisis. Calais était enfin revenue à la France.

Pour les anglais c’était la stupéfaction, l’incrédulité, la douleur. On racontera alors que la reine d’Angleterre Mary Tudor sur son lit de mort au matin du 17 novembre 1558 , suivant de quelques mois celle de son beau-père Charles Quint décédé le 21 septembre précédent, ne pourra s’empêcher de dire: « Quand je serai morte et ouverte, on trouvera Philippe (son mari) et Calais inscrits dans mon cœur. »

La paix avec l’Espagne sera plus complexe à établir : La France va devoir renoncer définitivement à toute l’Italie dont les places du Piémont, mais aussi celles acquises dans les Pays-Bas. Il ne lui restera plus comme seul acquit que Metz, Toul et Verdun.

La question de la Religion était devenue entre-temps le sujet prioritaire pour le roi de France, tant le danger de la propagation de la Religion Réformée qui s’accélérait partout dans le royaume, lui apparaissait à présent comme le premier des dangers pouvant même aller jusqu’à menacer son trône. Cela va être la principale raison des excessives et unilatérales concessions françaises

Finalement, les signatures des deux Traités de Cateau-Cambrésis avec les Anglais d’abord puis avec les Espagnols, et non les Impériaux, signés par Henri II le 3 avril 1559 amènera une paix chèrement acquise, mais qui lui permettait de se concentrer sur la remise en ordre du royaume de France, face à la division et à la désobéissance que faisaient porter les sectataires de la nouvelle religion.

Elisabeth avait donc laissé la France retrouver Calais. Mais plus machiavélique encore que Machiavel, elle va employer un de ses plus fidèles Sir Nicholas Throckmorton 3, très tôt converti à la Réforme, et ennemi aussi farouche que congénital de la France, comme son conseiller à Londres puis son ambassadeur itinérant puis définitivement en poste en France, de mai 1559 à avril 1564, avec pour mission de nuire à ce pays autant qu’il le pourrait, jusqu’au retour de Calais à l’Angleterre, but premier de et de son conseil et de son ambassade.



Sir Nicholas Throckmorton, National Portrait Gallery, Londres


L’essentiel, la reprise Calais qu’Henri II avait pu obtenir de conserver, restait cependant conditionnelle: Calais redevenait français, mais seulement pour une durée de 8 ans, aux termes desquels il devait soit restituer la ville aux anglais, soit la conserver mais alors au prix astronomique de 500.000 couronnes. Heureusement cet accord stipulera une condition première, dont personne ce jour-là ne mesurera la conséquence possible, que « Rien ne soit entrepris de part et d’autre », ce qui sauvera le retour de Calais à la France


Henri II ne jouira guère de la paix qu’il fêtait à Paris, le 10 juillet suivant, il expirait de la blessure causée par Montgomery lors du tournoi du Faubourg Saint Antoine organisé pour le mariage d’Elisabeth de France sa fille avec Philippe II d’Espagne et de Marguerite de France sa sœur avec le Duc de Savoie. Durant le premier moment de son avènement4 François II va déclarer que Catherine de Médicis, sa mère gouvernera en son nom. Ce seront les très catholiques Guise, portés par les Stuart, qui s’installent aux plus hautes marches du pouvoir Hélas au soir de son couronnement à Reims le 21 septembre 1559 5, une première faute politique s’avérera majeure: Le gouvernement de Picardie qui devait par suite du désistement de Coligny revenir au prince de Condé est attribué par le Roi à Brissac. La politique de la France sera alors tournée vers l’alliance catholique espagnole, et contre l’Angleterre qui veut jeter définitivement la France en dehors de l’Ecosse des Stuart et bien sûr rependre Calais.


L’année 1560, la seconde du règne du jeune roi, sera celle où Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, duc d'Enghien, grand serviteur de la Couronne sous le règne précédent, va embrasser et se jeter dans une opposition à son roi par l’outil que lui donnait la religion. Bien malgré lui, et l’aurait-il seulement su alors, il va devenir la clef de la question de Calais. Fervent sinon farouche protestant, frère du roi de Navarre, Antoine de Bourbon, il est l'oncle d’Henri de Navarre le futur d’Henri IV. Dès son plus jeune âge et avec beaucoup de talent, il avait servi le roi Henri II, qui n’avait pas su le remercier comme il l’attendait des services qu’il avait rendus.


François II


La mort d’Henri II, la montée sur le trône de François II lors de son sacre à Reims le 21 septembre 1559, Condé va y reçevoir un nouvel affront: Le gouvernement de Picardie dont sa famille était généralement pourvue et qui aurait dû lui revenir par suite du désistement de Coligny, est attribué par le Roi à Brissac.

L’influence des ultra-catholiques Guise, le pousse à franchir le cap. Il va d’abord entrer secrètement dans la conspiration d’Amboise de mars 1560 6, puis très officiellement deux ans plus tard, après le massacre de Wassy 7, dans une lutte ouverte face à la royauté. Pourtant, l’Edit d’Amboise de mars 1560, voulu sinon imposé par Catherine de Médicis, avait aboli les mesures les plus pénalisantes envers les Reformés, en dissociant la Religion de la Politique. Plus encore, et désireuse d'apaiser les tensions, la reine mère Catherine de Médicis va confier le 20 mai 1560 la charge de chancelier de France à Michel de l'Hôpital 8 qui appartient à la religion réformée.





Antonio More: Marie Stuart, reine d’Écosse (1542-1567) et de France (1559-1560).

Fille de Marie de Guise et de Jacques V, reine d’Écosse à la mort de son père, alors qu'elle n'a que six jours.


Dans le même temps, Elisabeth 1ère d’Angleterre, son pouvoir étant enfin établi et assuré, désireuse d’en finir avec la trop catholique Ecosse et son soutien français, va l’envahir brutalement. Elle donne l’ordre à lord Grey le 28 mars de franchir la frontière, avec 6.000 hommes tout en proclamant par ailleurs de son désir de rester en paix avec la France et avec l’Ecosse, précisant qu’elle ne faisait la guerre qu’à la maison de Guise. Throckmorton, est alors invité par la Reine Elisabeth à faire diffuser cette proclamation en Bretagne et en France et à tous les marchands pour exciter les français contre les Guise. Tout cela va se terminer par Traité d’Edimbourg du 6 juillet 1560 entre l’Angleterre d’une part et la France, l’Ecosse et la Norvège d’autre part, qui met fin à la « vieille alliance entre ces 3 pays », mais surtout ordonne l'expulsion des soldats français qui étaient la protection de la France à son amie et alliée l’Ecosse. La roue a tourné: En août 1560, le protestantisme est proclamé religion d'État par le parlement écossais, qui reconnait Elisabeth 1ère comme reine d’Angleterre. La France doit renoncer à tous ses droits sur l’Ecosse, l’Angleterre l’y avait contraint définitivement.


En juillet et en août, la Cour de France s’établit à Fontainebleau9, où une assemblée est convoquée par les Guise le 21 août pour délibérer des affaires de l’état. Elle rassemble les deux princes du sang Henri de Bourbon et son frère Condé, les plus puissants seigneurs, les chevaliers de l’ordre, les principaux magistrats, et le connétable de Montmorency. Coligny le protestant, sans la moindre retenue, va y proclamer publiquement qu’il faut en France deux églises, la Catholique et la Réformée… !


Louis 1er de Bourbon, prince de Condé


Throckmorton, est bien sûr présent, observe et reporte à Elisabeth Ière le contenu de cette assemblée, et surtout l’attitude de Condé. Mais la ligne soutenue par les Guise va faire autorité, si bien que considéré à tort ou à raison par les Guise comme l’instigateur réel de la Conjuration d’Amboise, le prince de Condé est arrêté à Orléans lors de la tenue des états généraux qui vont suivre l’assemblée de Fontainebleau. Traduit devant les juges le 13 novembre 1560, il est condamné à mort. La mort de François II le 5 décembre, le sauve de l’exécution. Il ira, dès sa libération se réfugier chez le Roi de Navarre, son oncle, le père d’Henri IV

La mort de François II le 5 décembre 1560 va mettre sur le trône son tout jeune frère Charles IX, âgé de 10 ans. La reine mère Catherine de Médicis, veuve du roi Henri II, devient officiellement « gouvernante » du royaume, autrement dit régente. Soucieuse avant tout de préserver les droits de sa famille et de la dynastie, elle se voit forcée par les Guise, qui sont entrés dans le pouvoir, de se rapprocher des catholiques. Elle écarte, du moins réduit le pouvoir de Michel de l'Hôpital du Conseil privé du roi tout en le maintenant dans ses fonctions de chancelier. Et, bien sur son premier acte, pour quand même rester dans un équilibre avec les protestants, sera de faire libérer le 24 décembre Condé de sa prison d’Orléans


Charles IX

En réaction avec ce que les catholiques pensent être une inclinaison trop forte de Catherine de Médicis en faveur des Protestants, à la suite de l’amnistie de Condé qu’elle avait ordonné le 13 mars 1561, un triumvirat se met en place sur l’initiative des Guise qui forme un pacte le 6 avril 1561 avec le maréchal de Saint André et le connétable de Montmorency, pour faire face à l’emprise Calviniste et ses doctrines égalitaires qui se fortifient par tout dans le royaume

C’est malgré elle que Catherine de Médicis, forcée par le triumvir se voit devenir la tête du parti catholique, alors qu’elle ne voulait qu’une chose, la paix dans le royaume, et la réconciliation à défaut l’équilibre entre les catholiques et les protestants, imaginant qu’elle pourrait avoir ainsi l’amitié sinon la neutralité des deux puissances autrefois alliées et maintenant ennemies la catholique Espagne et la protestante Angleterre.



Catherine de Médicis

Catherine de Médicis pense avoir repris la main, lorsqu’elle décrète l’édit d’Amboise du 17 janvier 1562, dans lequel elle donnait par cet édit, dit ‘ Edit de Janvier’, l’autorisation sans restriction de la liberté de conscience et de la liberté de culte aux protestants, à condition que ceux-ci restituent tous les lieux de culte catholiques dont ils s’étaient emparés. Cet édit va constituer une véritable révolution, puisqu'il remet en cause le lien sacré entre unité religieuse et pérennité de l'organisation politique. Le Parlement refusera aussitôt d’enregistrer l’édit, mais la reine mère parviendra quand même à ses fins, et le 14 février elle le forcera à enregistrer son ‘Edit de Janvier’. Quelque part la Religion Réformée devenait ‘reconnue par l’état’. Dans une lettre 10 de la reine mère, on peut lire cette phrase stupéfiante de clairvoyance et de modernité « Il ne s’agit pas de décider quelle est la meilleure Religion, mais d’organiser le mieux l’Etat ;…. On pourra être citoyen sans être chrétien, et même en étant excommunié » : Le sentiment sinon la volonté de Catherine parait alors devoir s’incliner vers les protestants, ce que aussitôt va faire connaitre Throckmorton à la reine d’Angleterre, après avoir rencontré Coligny le protestant, qui vient de rompre avec son oncle le très catholique connétable de Montmorency « d‘après les confidences de l’amiral, la reine mère verrait avec plaisir une grande réforme dans l’église, elle voudrait surtout que les catholiques ne fissent plus la loi aux réformés, dans ce but, il faudrait que la reine d’Angleterre et les princes protestants envoyassent des députés au concile, tous réunis, ils pourraient alors, d’accord avec les députés de l’empereur, présenter leurs remontrances et leurs griefs à l’assemblé contre les abus de l’église romaine et demander en commun un libre concile »


La reine mère, plus dissimulatrice que jamais, va alors prier le prince de Condé et la reine de Navarre ,Jeanne d’Albret qu’elle n’aimait guère, de ne pas quitter la Cour. Mais dans le même temps, l’ambitieux Condé malgré son apparente obéissance à la couronne de France, avait compris que sa rébellion ne pouvait se manifester que par l’arme que constituait la religion et ce sera sa fuite vers Meaux puis Orléans.


Louis de Condé

Tout cet équilibre difficilement construit par La reine mère va se trouver détruit par les évènements du mois de mars: Les massacres de Wassy du 1er mars, qui jettent Condé de l’opposition à la révolte, la fuite de Condé qui quitte Paris le 24 mars pour Meaux où le rejoint le 29 mars Coligny, et se trouve à la tête de 1000 gentilshommes et de 300 argoulets, alors que Catherine de Médicis qui avait toujours eu un faible pour lui, s’en rapprochait par crainte des Guise dont elle redoutait la domination. Puis Condé passant de Meaux sous les murs de Paris, voit que le Roi est à Fontainebleau sous la protection des Guise, décide d’aller à Orléans que vient d’évacuer les catholiques et dont les bourgeois l’accueillent au cri de ‘Vive l’Evangile’. Il établit Orléans en centre de la défense protestante, et dans le même temps le lendemain 3 avril, il écrit encore à la reine mère sa fidélité et sa loyauté. La reine-mère, à la demande de Guise, ne peut plus s’opposer à l’organisation de l’armée royale sous les ordres du connétable de Montmorency.

Ce début d’avril se poursuit avec l’amplification de la révolte armée protestante, la prise de Rouen la seconde ville la plus riche du royaume le 15 avril par les forces sous les ordres de Montgomery. Rouen commande la Normandie avec son port du Havre, le Havre-de-Grâce comme cette ville s’appelle alors, est à portée de l’Angleterre par navigation. C’est le déclenchement et l’instauration de la guerre civile générale accompagnée du quotidien des massacres: Révolte quasi ouverte de la ville de Lyon, qui sera mise à sac par les protestants dans la nuit du 29 au 30 avril, une rébellion soutenue et financée au travers de Condé par les protestants allemands d’abord puis par la reine d’Angleterre qui y voit un moyen de récupérer Calais, en en chargeant son ambassadeur permanent Trockmorton. Le 17 avril ce dernier qui lisait à livre ouvert dans le terreau français qu’il soit catholique ou protestant va pouvoir écrire à Cecil le ministre de la Reine Elisabeth « Je sais de bonne main que le roi d’Espagne a l’œil ouvert sur Calais; dans le cas où les chefs catholiques voudraient mettre aux mains de l’Espagne quelque port ou forteresse, il faudrait que les protestants fussent amenés à nous livrer Calais, Dieppe ou Le Havre, ou tout au moins l’une de ces trois places, n’importe laquelle pourvu que nous en ayons une. Mais cette demande doit venir d’eux, et l’occasion se présentera d’elle-même lorsqu’ils nous demanderont des hommes et de l’argent »



Lord William Cecil, principal ministre d’Elisabeth 1ère d’Angleterre


La prise du Havre du 8 mai 1562 par les troupes de Coligny va permettre à Lord Cecil de convaincre définitivement Elisabeth 1ère de soutenir par l’argent et les armes les protestants français, alliés objectifs de l’Angleterre. Que ce soit la sanglante Marie, ou l’ambitieuse Elisabeth, l’Angleterre n’avait jamais accepté que Calais soit revenue à la France, car Calais c’était le porte-avion de la puissance anglaise en France, dont quelque part dans le plus profond de leur for intérieur, les anglais n’avaient jamais cessé de penser et de rêver que la France, le royaume de France, la couronne française c’était eux avant tout, avec des droits vrais plus vrais encore depuis la fin des capétiens directs que ceux des Valois et leurs continuateurs qui régnaient sur le trône de France. Aussi Throckmorton reçut aussitôt un blanc sein, pour donner tous les moyens de sa révolte à Condé, lequel va envoyer aussitôt en Angleterre, François de Beauvais, Seigneur de Briquemault, Jean de La Ferrière et R. de la Haye qui négocieront l’aide de l’Angleterre au soulèvement des protestants, qui sera acté par le traité d’Hampton Court : Cette aide sera donnée aux protestants français en échange de la livraison par eux de la ville et du port du Havre-de-Grâce sera accordée et signée dans le traité de Hampton court, qui met à la disposition de Condé, qui se proclame encore et féodalement, comme agissant au nom du roi de France et pour son compte.

« la reine d’Angleterre fera transporter en France 6 000 hommes, dont 3 000 seront mis dans Le Havre, pour le garder, au nom du roi de France, et pour en faire un asile assuré, où les fidèles sujets du roi très chrétien, bannis et chassés de leur pays pour cause religion, pourront se retirer ; que les trois autres mille seront employés pour la garde et la défense de Rouen et de Dieppe, sous les ordres des gouverneurs, des magistrats et autres ministres du roi, sans aucunement attenter ou déroger à leur puissance et autorité, et cela, tant que les dites troupes anglaises seraient en France ; que la reine d’Angleterre prêterait au prince de Condé 140 000 écus d’or, pour les frais de la guerre ; que le prince, de son côté cédera à la reine Le Havre, afin que les Anglais pussent librement y débarquer et s’y retirer, et que ces troupes seraient reçues somme troupes amies à Rouen et à Dieppe. »


Le Havre-de-Grace, fondé par François Ier le 8 octobre 1517

Dans ce même traité, il était ordonné au roi de France de livrer Calais à l'Angleterre en échange de la libération du Havre. En complément Elisabeth va écrire au lendemain de la signature du traité que ce dernier permettait de : « délivrer une province voisine de l’Angleterre de l’oppression qu’elle souffrait, sous un roi mineur incapable de gouverner par lui-même, et sous la régence d’une princesse, mère du roi, que la faction des Guises tenait en captivité; pour faire en faveur de la France ce qu’elle avait depuis peu fait en faveur de l’Écosse ; pour conserver et maintenir les français et leur roi dans toutes leurs libertés et prérogatives ; pour donner au roi de France les marques de son amitié et accorder du secours à ses fidèles sujets qui souffraient persécution pour la sainte doctrine qu’ils avaient embrassée. »

Lord Cecil avait fait insérer dans le traité d’Hampton Court de manière plus nuancée la clause « sans que ce présent traité puisse préjudicier au droit de la reine d’Angleterre sur Calais », C’est avec la signature du traité d’Hampton Court que la reine Elisabeth d’Angleterre va commettre cette faute irréversible, qui va permettre en droit à la France de revenir sur l’accord signé avec le traité de Cateau-Cambresis de 1559, et ainsi pouvoir renégocier les termes du retour définitif de Calais à la couronne de France : Ce seront Troyes en Mars-avril 1564 et Moret en avril 1567


Note 1: Marie Tudor, reine d’Angleterre sur l’insistance de son mari le roi d’Espagne Philippe II déclare le 7 juin la guerre à la France et la lui fait notifier par son héraut Guillaume Harvey, dit Norroy qui se présente à Reims devant le roi Henri II, et se mettant à genoux lui expose ses ordres. Le roi lui dit en présence des Grands du Royaume, du Nonce du pape, des ambassadeurs du roi du Portugal et de la république de Venise & de l’envoyé du duc de Ferrare, qu’il acceptait volontiers cette déclaration de guerre, mais qu’il voulait que toute la terre sut, qu’il avait toujours fait son possible pour satisfaire aux articles du traité fait entre la France et l’Angleterre, & qu’il avait cultivé l’amitié de la Reine avec autant de sincérité que jamais il avait fait à l’égard d’un autre prince. Il ajouta que la justice divine le vengerait de la rupture de ce traité, et que les anglais ne seraient pas plus heureux dans cette guerre, que dans presque toutes les précédentes. Il défendit en même temps au héraut de répliquer, & ajouta:’ je vous parle de la sorte, parce que c’est une reine qui vous envoie ; si c’était un roi, je vous parlerai sur un autre ton’. Il lui commanda ensuite de sortir du royaume. L’ambassadeur reçut cependant une chaine d’or du roi d’une valeur de 200 écus. A peine reçu cette déclaration de guerre Henri II envoya ses ambassadeurs à la Régente d’Ecosse (Marie de Guise) pour lui demander que suivant le traité existant avec la France, elle déclare la guerre aux anglais


Note 2 : de Thou, liv xxii p.660 & 661


Note 3 : Trockmorton, Conseiller de la reine Elisabeth, dès sa montée sur le trône, Le cardinal de Loraine l’accusera d’être l’un des instigateurs du complot d’Amboise, It will be well to make current the proclamation by means of merchants through Brittany and Normandy, to animate the people more against the house of Guise (Calendar of Statepapers 1560, p.509) Throckmorton était arrivé à Paris le 24 février 1562, ayant déjà parcouru toute la France, en allant espionner la situation de la villes de Metz et les autres places françaises qui gardaient la frontière, pour identifier où serait le meilleur point d’attaque contre la France. Reçu par le roi, a son arrivée à la Cour le 24, cour qui venant de Blois était arrivée à Amboise le 22 février, il fut ensuite conduit par le duc de Guise chez Catherine de Médicis, qui avait a cote d’elle Marie Stuart et les cardinaux de Bourbon et de Chatillon, car c’est à c’est à la reine mère et non au jeune roi à qui elles étaient destinées, qu’il présentera ses lettres de créances, en lui disant que la reine d’Angleterre attendait d’elle sa médiation pour ramener les deux royaumes à la concorde. Après l’échec de Troyes de 1565, il est ensuite nommé ambassadeur en Écosse de mai 1565 à juin 1567, où ll se rapprochera de Marie Stuart qu'il considère par légalisme comme l'héritière légitime de la reine Elisabeth, ce qui lui aliène la confiance de cette dernière


Note 4 : A l’avènement de François II alors âgé de 15 ans, tous les chefs de la noblesse sont des hommes jeunes, à l’exception du Connétable de Montmorency âgé de 66 ans : Guise a 44, Lorraine 34, Navarre 41, Condé 29, Coligny 40,


Note 5 Marie de Guise, la mère de la reine Marie Stuart, n'est autre que la sœur de François II de Guise, le héros qui a rendu Calais à la France. Les Guise, farouchement catholiques, profitent de leur alliance avec la dynastie pour asseoir leur influence à la cour et diriger le gouvernement. Cela les opposera à Antoine de Bourbon, 1er prince du sang, roi de Navarre (et père du futur Henri IV), et à son frère Louis Ier de Condé, mais tenus à l'écart du trône du fait qu'ils sont réformés et disciples de Jean Calvin, comme d'ailleurs un bon tiers de la noblesse française !


Note 6 : La conjuration d'Amboise de mars 1560, également appelée tumulte d'Amboise, est la tentative d'enlèvement manquée, organisée par des gentilshommes protestants pour s'emparer de la personne du roi François II pour le soustraire à la tutelle des Guise, jugés trop proches de lui. Cet événement annonce les guerres de Religion à venir (1562-1598).

Le 17 mars, le roi François II confie au duc de Guise la lieutenance générale du royaume.


Note 7 : Le massacre de Wassy est un événement survenu le 1er mars 1562 à Vassy ,au cours duquel une cinquantaine de protestants furent tués, et environ cent-cinquante blessés par les troupes du duc de Guise. Cette affaire va être le premier des déclencheurs de la 1ère guerre civile dite guerre de Religion.


Note 8 : Désireuse d'apaiser les tensions, la reine mère Catherine de Médicis confie le 20 mai 1560 la charge de chancelier de France (à la fois garde des sceaux et Premier ministre) au sage Michel de l'Hospital. Ce magistrat auvergnat de 55 ans, cultivé, proche des humanistes et des poètes de la Pléiade (Ronsard...), se présente comme le chef des Politiques. Ce « parti » regroupe des catholiques et protestants modérés qui plaident pour la conciliation au nom de l'intérêt supérieur de l'État. Michel de l'Hospital s'oppose par l'édit de Romorantin à l'introduction de l'Inquisition en France. Il tente aux états généraux d'Orléans d'apaiser les querelles. « Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes, ne changeons le nom de chrétiens ! » lance-t-il aux députés le 13 décembre 1560, dans un célèbre Discours de tolérance.


Note 9 : La chasse est l’occupation favorite, la chasse qui mène par Moret d’où elle part au petit matin, souvent vers Villecerf, le village bien nommé, dévaste les champs en cours de récolte, François 2 donnera lui-même des instructions pour dédommager plusieurs paysans de Villecerf et du Pimard, des dégâts qu’il avait causés


Note 10 : Cité par Jean Orieux, dans ‘Catherine de Médicis’, et Correspondance année 1562


Note 11 François de Beauvais, seigneur de Briquemault sera exécuté place de Grève en octobre 1572, sous le regard de Charles IX








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